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Comment va se dérouler la permission de sortir accordée à un narcotrafiquant de Vendin-le-Vieil

BFM Alixan Lavorel
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Un narcotrafiquant incarcéré au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, et qui s'est déjà évadé dans le passé, bénéficie d'une permission de sortir ce lundi 24 novembre dans le cadre d'un rendez-vous professionnel. Il a quitté la prison avant 8 heures ce lundi matin.

Un "baron" de la drogue en liberté pour quelques heures. Ce lundi 24 novembre, un homme âgé de 52 ans, actuellement détenu au quartier de haute sécurité du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, a obtenu une permission de sortir dite "employeur" devenue polémique ce week-end.

Selon les informations de BFMTV, ce quinquagénaire est considéré comme l'un des barons du trafic de stupéfiants de La Courneuve (Seine-Saint-Denis).

Il doit se rendre en train du côté de la région lyonnaise pour un rendez-vous professionnel. Cette permission de sortir intervient dans le cadre de son droit à la réinsertion. Libérable en 2029, il espère, en effet, obtenir un aménagement de peine.

L'aller-retour entre le Pas-de-Calais, où se situe Vendin-le-Vieil, et le lieu de son rendez-vous se fera dans la journée. Il va se trouver avec son épouse qui devait venir le récupérer.

Le détenu devra être de retour en détention avant 21 heures ce soir, selon une source pénitentiaire à BFMTV. Ce dernier a quitté la prison "avant 8 heures" ce lundi matin, a confié son avocate à BFMTV.

Le trajet entre la prison de Vendin-le-Vieil et la région lyonnaise où se rend le narcotrafiquant le 24 novembre 2025.
Le trajet entre la prison de Vendin-le-Vieil et la région lyonnaise où se rend le narcotrafiquant le 24 novembre 2025. © BFMTV

Un cadre "mis en place tout au long de sa sortie" selon les autorités

Réclamée sur BFMTV ce dimanche à Laurent Nuñez par le président (LR) de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, la surveillance de ce détenu est bien prévue, assure le ministère de l'Intérieur ce lundi matin.

S'il ne bénéficie d'aucune escorte (ce n'est pas le cadre légal de bénéficier d'une escorte lors d'une permission de sortir, NDLR) tout au long de sa permission de sortir, "un dispositif de [sécurité] est mis en place tout au long de sa sortie", indique l'entourage du ministre de l'Intérieur à BFMTV. Selon nos informations, les forces de l'ordre locales, en région lyonnaise, ont été averties.

La Direction nationale du renseignement territorial (DNRA) est mobilisée pour suivre le détenu, a appris BFMTV de sources concordantes, confirmant une information du Parisien.

Car la sécurité interroge autour de ce narcotrafiquant, condamné en 2012 à huit ans de prison pour "association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants" en récidive, pour avoir organisé un trafic de cannabis entre La Courneuve et les Pays-Bas.

Deux ans après cette condamnation, l'homme s'était d'ailleurs évadé alors qu'il se trouvait à l'hôpital pour un examen médical. C'est un commando armé qui avait profité de son transfert à l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis pour attaquer l'escorte qui l'encadrait.

Sa cavale avait duré deux semaines. Il avait été interpellé le 19 juin 2014 devant l'hôtel où il se cachait au Blanc-Mesnil, sans opposer de résistance.

Permission de sortie d’un détenu de Vendin-le-Vieil: la parole publique est-elle en décalage avec la lutte contre le narcotrafic?
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Une décision "incompréhensible" pour un syndicat pénitentiaire

Le syndicat Ufap Unsa Justice dénonçait ce week-end dans un communiqué de presse "une décision totalement déconnectée des exigences, des réalités et des contraintes imposées chaque jour aux personnels pénitentiaires".

"Cette permission n’est pas simplement incompréhensible: elle décrédibilise le régime QLCO (quartier de lutte contre la criminalité organisée, NDLR) et expose au grand jour l’absurdité d’un système qui ne sait plus ce qu’il veut", ajoute le syndicat.

L'avocate du détenu indique, de son côté, à BFMTV que "cette décision a été rendue par des magistrats indépendants. Elle est conforme à la loi, ce n’est pas du tout une surprise".

"Il faut que les syndicats s’occupent des conditions de travail des surveillants au lieu de commenter des décisions de justice dont ils ignorent manifestement tout. Cela évitera une surenchère ridicule et politique", ajoute Me Marie Violleau.

Cette permission de sortir a été accordée par la chambre d'application des peines de la cour d'appel de Douai ce vendredi. Lorsque ce détenu a fait sa demande, il a reçu un avis défavorable à la fois du chef d'établissement de Vendin-le-Vieil mais également du parquet de Béthune. Le parquet a d'ailleurs fait appel de cette autorisation mais la chambre d'application des peines de la cour d'appel de Douai a confirmé la décision.