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Colère agricole en Haute-Garonne: six personnes placées en garde à vue

BFM E.R. avec AFP
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Lionel Candelon a été interpellé avec plusieurs autres agriculteurs sur un rond-point menant à l'aéroport de Toulouse et placé en garde dans le cadre d'une enquête pour "entrave à la circulation" et "organisation d'une manifestation interdite".

Lionel Candelon, figure de la Coordination rurale (CR), a été interpellé dans la matinée du mercredi 14 janvier sur une manifestation des agriculteurs près de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, a rapporté à l'AFP le procureur de la République. À la mi-journée, la préfecture de Haute-Garonne indique à BFMTV que huit personnes ont été interpellées dans le département, et six placées en garde à vue.

Lionel Candelon, leader de la protestation agricole, également président de la Chambre d'agriculture du Gers, a été placé en garde à vue à Toulouse, dans le cadre d'une enquête pour "entrave à la circulation" et "organisation d'une manifestation interdite", a précisé le procureur de Toulouse, David Charmatz.

Le préfet de Haute-Garonne avait pris mardi un arrêté interdisant "la manifestation revendicative du mercredi 14 janvier 2026 à Toulouse et sa périphérie", prévue par plusieurs organisations syndicales d'agriculteurs, tout comme la circulation de tracteurs et d'engins agricoles sur les grands axes de la région.

Deux autres agriculteurs interpellés

Lionel Candelon a été interpellé pendant un blocage d'agriculteurs de la CR sur un rond-point menant à l'aéroport de Toulouse, a déclaré le porte-parole de la CR du Gers, Éric Lasbats. "Ils lui ont passé les menottes, c'est scandaleux", a-t-il dit.

Sur le barrage, constitué d'une quinzaine de tracteurs, les manifestants se sont dits déterminés à poursuivre leur action jusqu'à la libération des agriculteurs interpellés. Outre Lionel Candelon, deux agriculteurs ont été arrêtés, selon le procureur.

Dans la nuit, une quinzaine de tracteurs de la CR du Gers avaient bravé l'interdiction de manifester et pénétré dans le centre de Toulouse, stationnant près de la préfecture plusieurs heures avant d'être délogés à l'aube par les forces de l'ordre et escorté vers un parking en périphérie de Toulouse.

"Malgré tous les efforts pour nous museler, pour nous interdire de manifester, pour nous intimider et nous faire rester chez nous, nos tracteurs sont enfin rentrés dans Toulouse", s'était félicité Lionel Candelon, dans un SMS à l'AFP vers 23h mardi.

"On reste mobilisés"

"À Paris, ils ont tapis rouge pour manifester et nous, ils nous cassent les vitres des tracteurs pour nous interpeller. À Toulouse, on est traités comme des malpropres, c'est insupportable, la tension monte", a encore déclaré Éric Lasbats, mercredi matin à l'aéroport.

"On reste mobilisés, car depuis plus d'un mois, on n'est pas entendus par le gouvernement", a-t-il ajouté.

Vincent Arbusti, porte-parole de la CR du Gers, a également fustigé les interpellations. "Voilà la réponse de l'État quand on sait que l'on nous a apporté aucune réponse, hormis la signature du Mercosur", a-t-il dit à l'AFP.

Blocage levé sur l'A64

Un autre groupe d'agriculteurs a bloqué l'autoroute A64 mercredi matin au sud de Toulouse, en déversant des pneus et de la paille, à proximité du périphérique, interrompant temporairement la circulation sur cet axe très emprunté.

Mais le blocage a été levé, selon la préfecture, qui n'évoque plus qu'un rassemblement près d'une zone commerciale. Là, les manifestants avec une quinzaine de tracteurs étaient encadrés d'une centaine de gendarmes et de quatre véhicules blindés Centaure, a constaté une équipe de l'AFP.

"Toute présence, appel à rassemblement, ou manifestation relèvent des interdictions de ce jour", a prévenu la préfecture, dans son dernier point de situation. "Des verbalisations ont et seront opérées pour les contrevenants aux différentes mesures de sécurité".

Sur cette même autoroute A64, le barrage emblématique de Carbonne a été levé mardi, sous la pression des forces de l'ordre, après un mois d'occupation de cet axe.