Assassinat du grand frère d'Amine Kessaci: le procès prévu à l'automne 2026
Amine Kessaci et sa mère au rassemblement en hommage à son frère Mehdi, le 22 novembre 2025 à Marseille. - Photo par CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
Le procès des assassins présumés du grand frère du militant anti-drogue Amine Kessaci, Brahim Kessaci, qui avait été tué fin 2020 avec deux autres jeunes hommes près de Marseille, se tiendra à l'automne 2026, a indiqué ce mardi 2 décembre le procureur général d'Aix-en-Provence.
"Ce dossier sera audiencé du 19 octobre au 6 novembre (...) de manière prioritaire en l'état du stock de dossiers en criminalité organisée en attente de jugement particulièrement important", a indiqué à le procureur général de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, Franck Rastoul.
Le 13 novembre, la famille Kessaci a été de nouveau endeuillée par l'assassinat en plein jour à Marseille de Mehdi Kessaci, petit frère d'Amine. Les enquêteurs privilégient la piste d'un crime d'avertissement à l'attention du militant. L'assassinat a suscité une onde de choc dans la deuxième ville de France et au-delà.
Un niveau de cruauté jamais atteint
Cinq personnes sont renvoyées devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône dont le commanditaire présumé, Karim Harrat, 37 ans, extradé du Maroc début 2023, considéré comme une figure du narcobanditisme et soupçonné d'être impliqué dans plusieurs narchomicides.
Le 29 décembre 2020 au petit matin, un véhicule en feu avait été découvert dans un tunnel de service sur l'autoroute juste avant Marseille. À l'intérieur deux corps calcinés dont celui de Brahim, 22 ans, demi-frère d'Amine Kessaci.
Le 6 janvier, un 3e corps, découpé en morceaux, était découvert dans le coffre d'un véhicule en feu dans le 15e arrondissement.
À l'époque, les autorités avaient parlé d'un niveau de cruauté jamais atteint. Et c'est ce drame qui a poussé Amine Kessaci à s'engager dans la lutte antidrogue en créant notamment une association d'aide aux familles de victimes. En octobre, il a sorti un livre, "Marseille, essuie tes larmes" (Le bruit du monde), sorte de longue lettre adressée à Brahim dans la perspective de ce procès.
Il y explique que seul lui et sa mère se sont portés parties civiles. La fratrie comptait au total six demi-frères et soeurs.
Outre Karim Harrat, quatre autres hommes seront jugés dans ce dossier dont l'un est, selon plusieurs médias, une des pistes travaillées par les enquêteurs dans l'assassinat de Mehdi Kessaci.
Le "haut du spectre de la criminalité organisée" visé
Jusqu'à présent, la procureure de Paris Laure Beccuau, s'est bornée à indiquer que le "haut du spectre de la criminalité organisée" était sans doute le responsable le plus probable de l'assassinat de Mehdi Kessaci, désapprouvant les fuites dans la presse, "véridiques ou pas".
En septembre, Franck Rastoul avait tiré une nouvelle fois la sonnette d'alarme sur les retards engendrés dans sa juridiction par quelque 500 procédures criminelles en attente de jugement. "C'est ingérable" et "la conséquence, ce sont des délais qui confinent au déni de justice", avait-il pointé lors de l'audience solennelle de rentrée.













