Affaire Jubillar: Cédric Jubillar renvoyé devant les assises, un procès se tiendra dans les prochains mois

Il s'agit du point final d'une instruction débutée il y a quasiment quatre ans. Cédric Jubillar sera jugé par la cour d'assises du Tarn pour le meurtre de son épouse Delphine en décembre 2020. C'est la décision prise ce jeudi 25 septembre par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse qui ordonne un renvoi de l'artisan-peintre de 38 ans devant une juridiction. La date du procès n'est pas encore connue.
Cette décision, qui n'est pas susceptible de recours, est la dernière de cette procédure à rallonge. Pour rappel, il y a presque un an, le 21 novembre 2023, les deux juges d'instruction en charge du dossier avaient rendu leur ordonnance de mise en accusation réclamant un procès pour Cédric Jubillar.
Dans ce document, long de 61 pages et que BFMTV a pu consulter, les magistrates reviennent sur les "investigations minutieuses et exhaustives qui ont permis non seulement d'exclure l'ensemble des autres hypothèses, mais également de réunir de nombreux éléments constituant des charges suffisantes à l'encontre du mis en examen". Une ordonnance qui avait été frappée d'un appel de la défense de Cédric Jubillar.
Supplément d'information infructueux
Mais voilà, le 18 janvier dernier, nouveau rebondissement dans ce dossier criminel, l'un des plus médiatiques de ces dernières années. Alors que la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse doit examiner cet appel, l'audience est finalement consacrée à l'examen d'une demande de supplément d'information, formulée par le parquet général.
À ce stade, le ministère public a eu connaissance de plusieurs éléments qui n'avaient pas été examinés, l'existence de ces éléments ayant été connue après la clôture de l'information judiciaire deux mois plus tôt. Il s'agissait d'une conversation téléphonique entre un détenu, un temps incarcéré avec Cédric Jubillar, et sa mère lui apprenant qu'un procès se tiendrait. L'homme évoque alors trois prénoms, sa mère concluant par un "s'ils savaient".
Le parquet général réclamait alors que ce détenu et sa mère soient entendus, tout comme une femme et d'un homme qui affirmaient détenir des informations à communiquer sur l'affaire Jubillar. Des nouvelles fouilles avaient également été menées le 18 avril, dans le lieu-dit La Soulié, à Cagnac-les-Mines (Tarn) où vivait le couple Jubillar. Une opération visant à vérifier les propos d'une voyante affirmant savoir où se trouvait le corps de Delphine Jubillar.
Mais quelques semaines plus tard, la justice n'a pu que constater que ces nouveaux actes d'enquête n'ont apporté aucun nouvel élément, comme l'a révélé BFMTV le 28 mai dernier.
Information judiciaire "à charge"
Une nouvelle audience s'était donc tenue à la mi-juin pour examiner les conclusions de ce supplément d'information, mais aussi l'appel formé par les avocats de Cédric Jubillar quant à son renvoi devant une cour d'assises. Ils dénonçaient une ordonnance impartiale, à charge contre leur client. Contactés, ils ne se faisaient par ailleurs que peu d'"illusions" sur la décision rendue ce jour par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Toulouse. Le parquet avait requis son renvoi.
Dans cette affaire sans corps, ni aveux, ni témoin, ni scène de crime, ni preuve irréfutable, les enquêteurs ont la conviction que Cédric Jubillar a tué sa femme Delphine, qui venait de lui annoncer son intention de divorcer. Delphine Jubillar, mère de deux enfants, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 du domicile familial à Cagnac-les-Mines, près d'Albi.













