Affaire Bettencourt: un avocat mis en examen pour abus de faiblesse

La milliardaire Liliane Bettencourt. - -
L'avocat fiscaliste Fabrice Goguel a été mis en examen jeudi à Bordeaux pour "abus de faiblesse, escroquerie et abus de confiance" à l'encontre de la milliardaire Liliane Bettencourt pour des agissements en lien avec l'île d'Arros qu'elle possédait aux Seychelles.
Fabrice Goguel, a été le président de la Fondation pour l'équilibre écologique, esthétique et humain, propriétaire de l'île d'Arros, acquise en 1998 par l'héritière de L'Oréal.
Le juge de Bordeaux Jean-Michel Gentil, en charge de l'enquête concernant les abus au détriment de la milliardaire, a interrogé l'avocat sur son rôle dans le montage dont l'île a fait l'objet en 2006 via la fondation.
Donations à certains bénéficiaires
En 2006, année au cours de laquelle ses facultés intellectuelles se seraient affaiblies, selon les experts, Liliane Bettencourt, sans doute pour régulariser la situation de cette île vis-à-vis du fisc français, avait fait placer Arros dans la Fondation pour l'équilibre écologique, esthétique et humain, basée au Liechtenstein, la dotant de 20 millions d'euros à la fin 2008.
Les statuts prévoyaient, au cas où cette fondation n'aurait plus été en situation de remplir sa mission, de faire des donations à certains bénéficiaires, dont l'ami de longue date de la riche héritière, François-Marie Banier, et en cas de décès de celui-ci, son compagnon Martin d'Orgeval, ce qui, selon Sud Ouest, aurait motivé les poursuites visant le fiscaliste.
« Il a scrupuleusement exécuté les missions que Mme Bettencourt lui a confiées »
François-Marie Banier et Martin d'Orgeval ont en effet été mis en examen le 14 décembre 2011, notamment pour abus de faiblesse à l'encontre de Liliane Bettencourt.
« La position de Fabrice Goguel est qu'il considère n'avoir commis aucune faute sur le plan pénal, moral ou déontologique », a déclaré son avocat, Me Jean Gonthier.
« Il a scrupuleusement exécuté les missions que Mme Bettencourt lui a confiées », a ajouté Me Gonthier, en soulignant que, lors de ces démarches, « rien ne permettait de douter (du) discernement » de Liliane Bettencourt.
Si, comme semble le soupçonner le juge d'instruction, Me Goguel avait cherché à transférer ce bien à François-Marie Banier, « il aurait pu le faire beaucoup plus simplement », a encore estimé l'avocat.












