Action contre une exposition dans la basilique Saint-Denis: deux militants d'extrême droite relaxés

La basilique de Saint-Denis. (Illustration). - AFP
Deux militants liés à un groupe d'extrême droite, jugés pour avoir mené en mars une action contre une exposition installée dans la basilique Saint-Denis comprenant des portraits de femmes voilées, ont été relaxés jeudi 5 juin par le tribunal correctionnel de Bobigny.
Alexis F. et Stanislas T., membre et porte-parole du groupuscule Les Natifs qui défend la théorie raciste et complotiste du "grand remplacement", ont été identifiés dans une courte vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux - parmi "sept personnes" selon le président Eric Duval - recouvrant de draps noirs, 3 des 31 oeuvres de l'artiste dionysienne Sandra Reinflet, consacrées aux corps d'habitantes des communes de Saint-Denis et d'Aubervilliers.
En dépit des menaces et insultes comme "collaboratrice de l'islam" ou "gauchiasse de merde" dont Sandra Reinflet a fait l'objet, selon son avocat Me Paul Vernois, les deux prévenus âgés de 24 ans, ont été relaxés des chefs d'accusation d'entrave concertée et avec violence ou voie de fait à l'exercice de la liberté de création artistique.
"Un lieu saint très cher pour nous"
"Les voies de fait ne sont pas caractérisées", a notamment soutenu le président, aucune personne physique n'ayant été heurtée au moment des faits.
En début d'après-midi, Stanislas T. a contrairement à Alexis F. défendu l'action des Natifs: "Cette exposition était faite dans un lieu saint très cher pour nous, dans lequel reposent les rois de France, important pour les catholiques de France", a-t-il argué.
Stanislas T. est par ailleurs l'un des 13 prévenus dans le procès qui se tient au tribunal correctionnel de Paris, pour injures contre la chanteuse Aya Nakamura.
Le 9 mars 2024, après l'évocation de sa participation à la cérémonie d'ouverture des JO-2024, le groupuscule avait posté sur ses réseaux sociaux une photo d'une banderole à connotation raciste.
Celle-ci proclamait: "Y a pas moyen Aya, ici c'est Paris, pas le marché de Bamako", une référence à son tube "Djadja" et à sa ville de naissance au Mali.
Des peines de 4 mois avec sursis à 4 mois ferme ont été requises mercredi, contre les mis en cause - âgés de 20 à 31 ans - poursuivis pour provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion ou pour complicité de provocation à la haine. La décision sera rendue le 27 septembre.












