“F1”, “L’Aventura”, “Avignon”… Nos coups de cœur à découvrir en salles pendant la canicule
"L'Aventura" de Sophie Letourneur est sorti en salles ce 2 juillet 2025 - Arizona Films
Alors que dehors, les températures s’envolent et que l’air est asphyxiant, rien de tel qu'un moment hors du temps et de la chaleur dans une salle de cinéma. Ce mercredi 2 juillet est d’ailleurs le dernier jour de la Fête du cinéma, opération promotionnelle où la place est vendue au tarif unique, et très attractif, de 5 euros. La rédaction de BFMTV.com vous a concocté sa liste des meilleurs films, tous genres confondus, à voir en ce moment au cinéma.
• "Enzo"
C'est l’ultime long métrage de Laurent Cantet, disparu juste avant son tournage, le 25 avril 2024 à l’âge de 63 ans, des suites d’un cancer. C’est son camarade Robin Campillo, également co-auteur du scénario avec Laurent Cantet et Gilles Marchand, qui a repris sa réalisation et bouclé l’affaire. Le film raconte l’histoire d’un adolescent de bonne famille qui choisit de devenir maçon, au grand dam de son père.
Ça parle rapport de classe, déclassement, mépris social, troubles et évidences de l’adolescence sur les hauteurs de La Ciotat. Outre l’histoire singulière de sa production, le film touche par son naturalisme et ses personnages carrés, parfois un peu perdus, mais jamais loin de leur idéal - Éloy Pohu, formidable révélation, Élodie Bouchez et Pierfrancesco Favino, parfaits en parents démunis et (trop ?) protecteurs. C’est le film d’auteur, délicat et ensoleillé, de cet été.
• "13 jours, 13 nuits" de Martin Bourboulon
Le réalisateur des deux volets des Trois Mousquetaires revient avec un nouveau film sous tension, adapté de 13 jours, 13 nuits dans l’enfer de Kaboul de Mohamed Bida. Il raconte l’histoire vraie de l'exfiltration de plusieurs centaines de personnes de l’ambassade de France en Afghanistan, lors de la prise de la capitale par les talibans en août 2021. Porté par deux acteurs fétiches du cinéma tricolore, Lyna Khoudri et Roschdy Zem, ce thriller réussit à nous tenir en haleine pendant près de deux heures, avec des scènes efficaces, joliment spectaculaires, et des négociations à suspense. Le film, produit par le duo star des Trois Mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo, Dimitri Rassam et Ardavan Safaee, pour la bagatelle de 27,5 millions d’euros - soit l’un des plus gros budgets français de l’année -, maîtrise donc sa recette.
• "Mission impossible - The Final Reckoning"
Sauf contre-indication, c’est la dernière danse de Tom Cruise dans le rôle d’Ethan Hunt. Ce n’est pas la plus majestueuse ni la plus fine, mais elle vaut le détour. Pour lui dire adieu en bonne et due forme d’abord, et par goût des cascades impossibles, toujours héroïques. Pour le huitième et dernier volet de la saga, le réalisateur Christopher McQuarrie a mis le paquet, avec violons à gogo, scènes grandioses dans un sous-marin et sur un biplan, élégie pro-Cruise, intrigue parfois étirée et explications alambiquées qui relient certains vieux éléments narratifs à la trame actuelle. La star hollywoodienne aurait néanmoins pu se prendre un poil moins au sérieux. Reste que la mayonnaise prend: Tom sauve le monde et nous, on est content. En sous-texte, une réflexion sur le temps qui passe (oui oui).
• "L’Aventura"
Sophie Letourneur est à part. Après Voyages en Italie en 2023, la cinéaste poursuit son exploration naturaliste du couple, en y ajoutant un nouveau petit grain de sel, qu’on lui connaît moins: les enfants. Devant la caméra, il y a donc maman (Sophie Letourneur), papa (Philippe Katerine), et les rejetons Bérénice Vernet et Esteban Melero. La petite famille met le cap sur la Sardaigne pour l’été.
Mais la réalisatrice ne cherche pas le pathos ni la jolie histoire feel good, elle filme le trivial, le merveilleusement banal, le truc que l’on n’a a priori pas envie de voir au cinéma. Ça crie, ça chouine, ça fait caca. Sophie Letourneur est crue, toujours drôle, pas idéaliste pour deux sous, mais si juste. Pas étonnant donc que la promenade italienne nous rappelle quelques - plus ou moins - vieux souvenirs.
• "F1"
Une tête d’affiche aguicheuse, Brad Pitt, et un univers presque jamais aussi bien dépeint. La star américaine joue Sonny Hayes, un ancien champion de la F1 marqué par un grave accident, qui fait son come-back trente ans plus tard dans une écurie en faillite.
À ses côtés, un jeune rival aux dents aiguisées (Damson Idris), mais aussi, plus en fond, la crème des pilotes automobiles de l’époque, allant de Lewis Hamilton à Fernando Alonso, en passant par le frenchy Charles Leclerc. Dans une superproduction à 300 millions de dollars, volontairement immersive et haletante, le réalisateur de Top Gun: Maverick, Joseph Kosinski, filme ici la piste goudronnée, la vitesse, le danger, l’ambition. Cerise sur le gâteau, Hans Zimmer signe la musique du film.
• "Avignon"
Un peu de romantique ne fait pas de mal. Dans les rues d’Avignon, en plein festival de théâtre, Stéphane (Baptiste Lecaplain, toujours doux et solaire) rencontre Fanny (Elisa Erka). Un monde les oppose: le premier y joue une pièce de boulevard pas finaude, la seconde, comédienne installée, défend le classique et les grands textes en alexandrin.
Au programme, des quiproquos, un mensonge (Stéphane prétend interpréter Rodrigue dans Le Cid), des camarades de jeu (Alison Wheeler ou Johann Dionnet, à la fois réalisateur et second rôle), des préjugés sur l’univers du théâtre, des blagues (inégales) et une love story qui ne laissera aucun petit cœur de marbre. Si la fin est peut-être un peu trop conventionnelle, le film, produit par la filiale française du géant Warner Bros., est parfaitement frais et tendre.











