Détournements, parodies, mèmes... Comment Victoria Beckham est devenue la belle-mère la plus moquée du web

Comment Victoria Beckham a-t-elle dansé au mariage de son fils Brooklyn? De quels mouvements "inappropriés" s'est-elle rendue coupable? Que s'est-il passé avec la robe de mariée de Nicola? Telles sont les questions qui agitent les internautes, depuis la publication le 19 janvier, d'un communiqué assassin sur Instagram de son fils Brooklyn Beckham.
Dans une longue diatribe, sobre texte blanc sur fond noir, l'aîné de la célèbre famille a vidé son sac, et officialisé la rupture avec ses parents. Une rupture dont la rumeur bruissait depuis plusieurs mois déjà.
Cette petite bombe médiatique a déchaîné les passions sur les réseaux sociaux. "Team Brooklyn" ou "Team David et Victoria", les internautes ont surtout spéculé et déliré sur la fameuse danse de Victoria Beckham au mariage de Brooklyn et Nicola.
"Elle a dansé de façon très inappropriée avec moi devant tout le monde. Je ne me suis jamais senti aussi mal à l'aise et humilié de toute ma vie", a écrit le jeune homme de 26 ans dans son communiqué.
Il n'en fallait pas plus pour lâcher les mèmes montrant Victoria en train de "détourner" le mariage de son fils.
À grands refort de vidéos de danses lascives, survoltées ou franchement gênantes, les internautes imaginent la fameuse danse. Détournements, parodies, mèmes circulent à toute vitesse. Et certains ont eu du mal à rester concentrés sur leur travail mardi.
"La danse de Victoria"
D'autres ont ressorti une scène de la série Ugly Betty, en 2007, dans laquelle Victoria Beckham vole la vedette à la mariée. Enfin, signe ultime que le même a pris, les marques commencent à détourner cette fameuse danse. Le loueur de voitures Sixt a ainsi diffusé une vidéo parodique dans laquelle des salariés de la société font "la danse de Victoria lors du mariage".
La presse n'est pas en reste et plusieurs médias, dont la très sérieuse BBC se sont penchés sur "ce que l'on sait des allégations de Brooklyn selon lesquelles Victoria aurait "détourné sa première danse".
Victoria Beckham n'est certes pas la première mère à avoir embarrassé son fils à son propre mariage et à avoir été désagréable avec sa belle-fille, mais aux petites frustrations accumulées au fil du temps, Brooklyn Beckham ajoute un grief plus grave, celui d'avoir cherché à contrôler sa vie et son image.
Derrière l'histoire d'une dispute familiale autour de l'organisation d'un mariage, apparaît surtout l'ultra-médiatisation d'une famille, qui en a fait son fond de commerce et est devenue une marque.
"La marque Beckham passe avant tout"
"La marque Beckham passe avant tout", écrit ainsi le jeune homme, qui explique que "l’amour familial se mesure à la fréquence à laquelle on publie sur les réseaux sociaux, ou à la rapidité avec laquelle on laisse tout tomber pour une photo de famille lors d'un événement, même si c’est au détriment de nos obligations professionnelles".
Car au-delà des questions de première danse et de plan de table, le message de Brooklyn met en lumière le mode de fonctionnement de la famille Beckham, idéale et unie sur les photos, mais avide d'attention et dans le contrôle absolu de leur image en coulisses.
"Je pense sincèrement que les Beckham sont désormais tellement pris dans cette version commercialisée de la vie de famille qu'ils ont probablement perdu depuis longtemps la capacité de comprendre à quel point elle est étrange et potentiellement destructrice", analyse ainsi l'éditorialiste du Guardian, Marina Hynde, comparant les Beckham aux Windsor, qui eux "n'ont pas le choix".
Car les Beckham ont toujours médiatisé leur vie, depuis leur mariage en 1999, dont ils ont vendu les images à la presse people, tout comme celles de la naissance de leur premier fils, Brooklyn. La famille Beckham est devenue "comme une dynastie, ils sont presque royaux", analyse la podcasteuse Gaby Simon sur Instagram.
Victoria Beckham, qui s'est reconvertie avec succès dans la mode, après avoir quitté les Spice Girls a 33,5 millions d'abonnés sur Instagram et David Beckham, qui a été l'un des meilleurs footballeurs du monde et a récemment été anobli par le roi Charles III, en a 88,5 millions.
"Relations hypocrites"
Les deux séries documentaires, produites par Studio 99, la société de production de David Beckham, ont rencontré un énorme succès sur Netflix, et contribué à entretenir la popularité de la famille.
"Toute ma vie, mes parents ont contrôlé les récits publiés dans la presse au sujet de notre famille. Les publications mises en scène sur les réseaux sociaux, les événements familiaux et les relations hypocrites ont été une constante dans la vie dans laquelle je suis né", écrit Brooklyn Beckham.
Aujourd'hui, en réclamant "la paix et le respect de son intimité", le fils écorne cette image de famille parfaite. A quel point les accusations de Brooklyn peuvent-elles nuire à sa famille? "Les Beckham bénéficient de décennies de capital sympathie, d'une reconnaissance mondiale et d'une base de fans qui s'étend sur plusieurs générations", analyse auprès de BBC News Lauren Beeching, spécialiste des relations publiques en situation de crise.
"De plus, leurs récents documentaires sur Netflix ont connu un succès planétaire retentissant et ont renforcé cette image d'une famille stable, émotionnellement maîtrisée et attachante".
Ce n'est en outre pas la première crise que traversent les Beckham, on se souvient des rumeurs d'infidélité de David, d'un redressement fiscal, de mails impatients sur son anoblissement qui tardait à venir.
Interrogé mardi 20 janvier au forum de Davos sur l'affaire, David Beckham n'a pas commenté, mais il s'est exprimé lors d'une émission de CNBC sur l'usage des réseaux sociaux par les enfants, estimant que ces derniers avaient "le droit de faire des erreurs".
Possible que les Beckham, empruntent la devise que l'on prête à la famille royale britannique: "ne jamais se plaindre, ne jamais s'expliquer".











