Tom et Jerry de retour au cinéma, comme on ne les a jamais vus

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Apparus pour la première fois le 10 février 1940, Tom et Jerry devaient fêter leur quatre-vingtième anniversaire en grande pompe avec un film inédit. La pandémie a contrarié ce plan. Terminée à distance, et retardée en raison de la situation actuelle, cette nouvelle aventure explosive des héros du studio Hanna-Barbera sort enfin ce mercredi 19 mai dans les salles de cinéma françaises.
Tom & Jerry version 2021 met en scène l'affrontement des deux éternels rivaux dans les couloirs d'un hôtel de luxe new-yorkais alors qu'un important mariage se prépare. Rien ne se passera évidemment comme prévu... Le réalisateur Tim Story y a tout de suite vu le potentiel pour une "buddy comedy" dans la lignée de Mise à l'épreuve, sa comédie d'action de 2014 où Ice Cube et Kevin Hart jouaient déjà des personnages dans la lignée de Tom et Jerry:
"Je n'avais pas vu Ice Cube et Kevin sous cet angle-là, mais c’est clairement cette alchimie, cette énergie que je voulais reproduire dans Tom et Jerry. J'adore les films de potes où deux personnages antagonistes mais complémentaires finissent par s'allier. Tom et Jerry était le film parfait pour raconter ce genre d’histoire. Ils sont toujours en train de se chercher des noises tout en s’appréciant quand même un peu - j’ai envie dire qu’il y a même de l’amour entre eux! Ils ont besoin l’un de l’autre."
Réalisateur des deux films Les Quatre fantastiques sortis dans les années 2000, et d'un récent remake de Shaft, Tim Story n'en est pas à son coup d'essai avec les icônes de la culture populaire. Il est arrivé sur Tom et Jerry fin 2018, alors que le projet languissait dans les limbes de Hollywood depuis presque une décennie. Imaginé comme un film alternant live action et 3D, puis comme un long-métrage entièrement animé, Tom et Jerry mêle finalement animation 2D et prise de vues réelles.
Un procédé qui sied mieux à ces deux personnages un peu anarchiques, dont les aventures consistent uniquement en une longue course poursuite au cours de laquelle ils détruisent tout ce qui se trouve en travers de leur chemin. "L'idée de situer l’intrigue dans un hôtel et non dans une maison permet aux personnages de faire plus de dégâts!", se réjouit le réalisateur.
Une fête interrompue pour les enfants
Le mélange de 2D et de live action autorise aussi toutes sortes de folies visuelles, qui devraient amuser le jeune public. Dans ce monde où les pigeons rappent, chaque animal et insecte est en 2D. Et les humains trouvent la situation naturelle: "C'était dans le scénario quand je suis arrivé sur le projet", explique Tim Story. "Ce que je trouve génial, c’est qu’on n'explique pas ce phénomène dans le film. C’est juste ainsi que la vie est dans ce monde. C’est un monde où si vous voulez un chien ou un chat, il est animé! C'est le rêve!"
Le cinéaste a en revanche insisté pour que des pigeons rappent pendant le générique d'ouverture Can I Kick It, un classique du hip hop signé A Tribe Called Quest: "On se demandait comment introduire ce monde qui n'est pas tout à fait le nôtre... En découvrant cette scène, le public sait exactement dans quel genre de film il met les pieds", commente-t-il, avant d'ajouter: "Le film devait être une fête interrompue pour les enfants et leurs parents. Et quoi de plus festif que des classiques du hip hop?"
Un défi technique
Tourner un tel film représente un défi technique. "On avait un marionnettiste sur le tournage pour les mouvements de Tom. Comme ce sont des personnages qui ne parlent pas, c’était plus simple pour lui d’interagir avec les comédiens! Il a aussi été d'une aide précieuse pour eux. Ils étaient un peu décontenancés par le procédé. Pour Jerry c’était moins évident par contre, car nous ne pouvions pas avoir de marionnettiste aussi minuscule!" La mise en scène a été aménagée en conséquence, avec principalement des plans moyens, pour que les animateurs aient les coudées franches avec les personnages.
Sur le plateau, les stars du film ne sont pas les vedettes (Chloé Moretz, Michael Pena, etc.), mais Tom et Jerry. Ce sont donc aux comédiens de chair que revient l'honneur de jouer les doublures dans des scènes où la caméra épouse le point de vue de Jerry: "C’était amusant de se mettre dans la peau de Jerry, de se demander ce qu’il ferait, où il serait. Ça nous obligeait à être très créatif! Ça m'a fait regarder la réalisation d’un nouvel œil", confie Tim Story. Mettre en scène Tom et Jerry dans le monde réel contraint aussi à les montrer sous un autre jour, en trois dimensions:
"On s’est rendus compte qu’ils n’avaient pas toujours la même apparence selon les plans qu’on utilisait. Grâce à certains axes de caméra, on les voit tels qu’on ne les avait jamais vus avant! On a par exemple rarement vu Tom tout droit, ou en contre-plongée. Il fallait trouver à quoi il ressemblait sous ces angles inédits, pour que le public les reconnaisse. On ne s’est jamais limité dans la mise en scène. On a vraiment traité Tom et Jerry comme n’importe quel acteur, en se disant qu’on trouverait un moyen de les intégrer dans nos plans plus tard. C’était très libérateur."
Tim Story, qui s'est inspiré du design des personnages dans les années cinquante, a aussi utilisé les voix d'origine du cartoon, William Hanna, Mel Blanc et June Foray. "On a fait appel à des acteurs, je m’y suis collé moi-même, mais c’était impossible de retrouver leur énergie", concède-t-il. "C’était un bel hommage", conclut-il en espérant pouvoir poursuivre sur grand écran les aventures du chat et de la souris: "C'est très amusant, cette forme hybride de cinéma. J’espère que j’aurais une chance de retravailler sur ces personnages!"











