"Pas de gros mots, pas de sang": comment Philippe Lacheau a adapté son univers trash et potache au Marsupilami

Après avoir ressuscité Nicky Larson au cinéma, Philippe Lacheau s'attaque désormais à l'une des créatures les plus iconiques de la BD franco-belge: le Marsupilami. Quatorze ans après Sur la piste du Marsupilami d'Alain Chabat, le réalisateur et scénariste revisite à son tour l'histoire de la célèbre créature dans Marsupilami, en salles ce mercredi 4 février. Au programme: humour potache et gags en rafale, sur fond de comédie familiale d'aventure en Amérique du Sud.
Entouré de sa bande habituelle, Philippe Lacheau incarne David Ticoule, un comptable aussi lâche qu'égoïste, employé dans un zoo où il vient de commettre une bourde monumentale. Contraint de se racheter auprès de son patron véreux, campé par Jean Reno, il accepte une mission périlleuse: partir en croisière en Amérique du Sud pour récupérer un mystérieux colis et le ramener en France. Une seule consigne: ne surtout pas ouvrir le paquet.
Pour passer incognito sur place, David embarque dans cette aventure périlleuse son ex-femme Tess (Elodie Fontan), leur petit garçon Léo (Corentin Guillot), mais aussi son collègue Stéphane (Julien Arruti), aussi bête que maladroit, à qui il compte bien refiler le colis si la mission dégénère.
Mais, une fois à bord, rien ne se passe comme prévu. David ouvre accidentellement le paquet et découvre qu'il contient un bébé Marsupilami. Le problème, c'est qu'il n'est pas le seul à convoiter la créature. David et sa famille s'engagent alors dans une course-poursuite pour tenter de protéger à tout prix le Marsupilami.
L'usine à gags tourne à plein régime
Dans la lignée de Nicky Larson, Philippe Lacheau fait avec Marsupilami ce qu'il sait faire de mieux: enchaîner les gags. Pendant près de 1h40, la bande à Fifi déroule sans répit son humour potache dans l'univers du Marsupilami à coups de quiproquos, blagues visuelles et avalanche de vannes (souvent en dessous de la ceinture).
Le film, ultra-rythmé, fait tout pour maintenir le spectateur en alerte, quitte à frôler l'overdose pour ceux qui ne sont pas familiers avec l'humour déjanté de la bande. Tout y passe: chutes spectaculaires, obsession pour les fesses (marque de fabrique du réalisateur), costumes embarrassants, enfants qui prennent des coups...
Les curseurs de l'absurde et de l'autodérision sont poussés au maximum, comme dans cette scène où David shoote dans un chihuahua qui vole à travers le spa du bateau et vient se coller sur la bande de cire d'une passagère en pleine épilation du maillot. Résultat: la bande se décolle et le chien se retrouve affublé d'une coupe afro. Du Lacheau pur jus.

L'humour du réalisateur se ressent aussi à travers une galerie de personnages, plus absurde et ridicule les uns que les autres. On pense notamment à Tarek Boudali qui incarne Ricky Salsa, une ancienne gloire de la musique devenue has been mais persuadé d'être encore populaire. Ou Didier Bourdon, qui campe le père de Pablito, milliardaire excentrique fan de motos, exhibant fièrement ses abdos saillants et ses jeunes conquêtes féminines.
Cette mécanique comique, Lacheau la peaufine en équipe, entouré de son frère Pierre, ainsi que de Julien Arruti et Pierre Dudan. "On écrit à quatre et on fonctionne un peu à l'unanimité", confie Philippe Lacheau au micro de BFMTV. "Si un truc ne fait pas rire l'un de nous, généralement on le vire. Il faut qu'on soit tous convaincus".
"On essaye de travailler avec la plus grande sincérité. On écrit simplement ce qui nous amuse, ce qui nous éclate le plus, ce qu'on aimerait voir au cinéma dans une comédie", poursuit le réalisateur. "Et la chance qu'on a aujourd'hui c'est que visiblement ça ne fait pas rire que nous".
Un film pensé pour toute la famille
Au-delà du festival de gags, Philippe Lacheau livre avec le Marsupilami une véritable comédie familiale qui rassemble petits et grands. En toile de fond du récit d'aventure se dessine l'histoire d'un couple désunis qui se retrouve, doublé de l'amitié naissante entre leur fils et le Marsupilami Un cinéma plus accessible sans pour autant perdre l'identité de la bande à Fifi.
"On voulait vraiment que les enfants, les parents et les grands-parents s'éclatent pendant le film", assure Philippe Lacheau. "Ce qui est super c'est que parfois, ils ne rient pas aux mêmes moments. Parfois les enfants ne vont pas comprendre les blagues pour lesquelles les parents vont se marrer. Par contre à la fin, normalement, ils sont tous pris par l'émotion en même temps".

Pour y parvenir, Philippe Lacheau a dû adapter son ton: "pas de gros mots, pas de sang, et faire attention avec la sexualité pour que ça soit toujours drôle mais jamais vulgaire", précise-t-il. "On ne voulait pas que les parents soient gênés à côté de leurs enfants".
Afin de faire le lien entre les générations, le Marsupilami multiplie également les références à de nombreux éléments de la pop culture, de E.T. à Jurassic Park en passant par Les Gremlins, Top Gun ou encore Zootopie. Un catalogue de clins d'œil pour tous les âges.
Le Marsupilami fait son show
Autre défi du film: faire exister le Marsupilami à l'écran. Loin du visuel de la BD, la créature, qui n'apparaît qu'au bout d'une grosse demie-heure de film sous la forme d'un animatronique, adopte une esthétique qui ne laissera personne indifférent.
"On a eu recourt une petite peluche robotisée. C'est assez facinant parce qu'on a vraiment l'impression qu'il est vivant. Et c'était aussi très facile pour jouer parce qu'on pouvait le tenir dans les bras, on l'avait en face de nous", précise Philippe Lacheau.
Une fois la créature apprivoisée, Philippe Lacheau n'hésite pas à la faire entrer dans son univers délirant: le Marsupilami twerke, prend du viagra, boit de l'alcool et multiplie les pitreries. Une relecture audacieuse de l'univers de Franquin qui pourrait faire sourciller les puristes, mais qui intègre le Marsupilami dans un univers au succès largement éprouvé.











