BFM

"C'était trop de violence": Adèle Haenel explique sa colère lors du procès de Christophe Ruggia

BFM Benjamin Pierret , Journaliste culture et people BFMTV
L'actrice française  Adèle Haenel au tribunal judiciaire de Paris, le 10 décembre 2024

L'actrice française Adèle Haenel au tribunal judiciaire de Paris, le 10 décembre 2024 - ALAIN JOCARD © 2019 AFP

Quelques jours après le procès qui l'oppose au cinéaste, qu'elle accuse d'agressions sexuelles lorsqu'elle avait 12 ans, l'actrice revient sur le moment qui l'a fait sortir de ses gonds au tribunal.

C'était l'un des moments forts du procès du réalisateur Christophe Ruggia, poursuivi pour agressions sexuelles sur mineure par l'actrice Adèle Haenel. "Mais ferme ta gueule!", lui avait lancé l'actrice, le 10 décembre, avant de quitter momentanément la salle d'audience du tribunal correctionnel de Paris. Un accès de colère qu'elle explique ce lundi 16 décembre à l'antenne de France Inter.

"Ces mensonges accumulés par un homme qui a agressé sexuellement l'enfant que j'étais, qui l'a fait disparaître, qui l'a assassinée, en fait, c'est dur d'entendre ça", déclare l'actrice de '120 battements par minute'.

L'actrice de 35 ans a tourné sous la direction du réalisateur pour le film Les Diables, sorti en 2002, quand elle avait 12 ans et lui 36. Elle l'accuse de l'avoir agressée sexuellement à plusieurs reprises au cours des deux années qui ont suivi. Christophe Ruggia nie les faits qui lui sont reprochés.

"Il raconte n'importe quoi"

Le coup de colère d'Adèle Haenel au tribunal a eu lieu au moment où le cinéaste a assuré avoir tenté de "protéger" l'actrice, qui faisait à l'époque l'objet de moqueries à l'école en raison de scènes sulfureuses du film. Il a notamment assuré lui avoir suggéré de prendre un pseudonyme.

"Moi j'essaie de me tenir devant la cour", raconte-t-elle ce lundi sur France Inter. "De donner, autant que possible, des éléments concrets, matériels (...) et lui raconte n'importe quoi."

"C'était l'agression de trop. Quand il dit: 'C'est moi qui lui ai donné son nom, 'Adèle Haenel'. Ce n'est pas vrai, c'est faux, c'est un mensonge et c'est une violence de plus. Et moi, ça me renvoie sur son canapé, où il me dit: 'Sans moi, t'es rien, c'est moi qui t'ai créée.' C'est la même chose qu'il fait, là, c'est sa violence, son arrogance, c'est ça qui me fait péter un câble. Je n'ai pas pu m'empêcher. J'ai essayé de respecter le protocole mais là, c'était trop de violence."

"Tous les adultes à coté se sont défaussés"

"Je suis un peu en représentante de cette enfant qui a disparu, que personne n'a protégée", confie également Adèle Haenel. "Aucun adulte n'a pris ses responsabilités (..) On parle d'un adulte qui a 36 ans, presque 40, au moment des faits et qui s'organise pour avoir chez lui tout seul une enfant de 12 ans et l'agresser sexuellement tous les week-ends."

"Tous les adultes à côté se sont défaussés", insiste-t-elle. "En disant: 'Adèle est extrêmement mature'. Mais la procureure l'a dit: un enfant de 12 ans mature et un adulte de 40 ans qui fait semblant d'être un gamin, ça ne s'équilibre pas."

Cinq ans de prison, dont deux ans ferme, ont été requis à l'encontre de Christophe Ruggia à l'issue du procès. La décision a été mise en délibéré au 3 février 2025.