"Demandez Angela": le dispositif de lutte contre le harcèlement de rue lancé à Chelles

Un collage féministe où l'on peut lire "Stop au harcèlement de rue", le 23 novembre 2019 à Marseille. - CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
"Je cherche Angela". Prononcée dans les commerces de Chelles (Seine-et-Marne), cette phrase permet "à toute personne se sentant en insécurité dans l’espace public d’être accueillie dans un commerce partenaire, par un personnel formé à une prise en charge bienveillante et sécurisante", annonce Raphaël Labreuil, conseiller municipal de la commune.
Le dispositif Angela est né outre-manche, il y a près de dix ans. Le but, créer des refuges en ville pour les personnes victimes d'agressions ou de harcèlement de rue. C'est lors d'une campagne contre le harcèlement de rue, en Angleterre, que naît Angela. Il s'agit d'entrer dans un commerce, un bar ou un lieu public, et demander à voir "Angela", un nom de code pour indiquer une situation de danger.
Outre-manche, l'idée avait rencontré un franc succès. À tel point que les autorités avaient institutionnalisé le concept et recensé les endroits partenaires.
Angela s'est même exportée en Europe. En France, ces dernières années, plusieurs villes se sont dotées du dispositif, à l'instar de Grenoble, Besançon, Troyes, Bordeaux, Montpellier, Poitiers ou encore Sceaux, Brest et Toulouse.
Renforcer la sécurité
À Chelles, en cette fin d'année 2025, la municipalité a donc décidé "de renforcer la sécurité." Pour cela, "les commerçants de la ville sont invités à participer au dispositif." Des réunions de présentations ont été organisées par la commune et selon la Ville "la plupart" des commerçants étaient "intéressés.
En plus de créer un réseau de commerçants, la municipalité a organisé des formations en septembre. "Elles ont été menées par le Centre d’Information du Droit des Femmes. On nous a présenté ce qu’était le harcèlement, les violences sexuelles, le pourcentage de femmes sujettes à ces problématiques et on nous a présenté comment appliquer le dispositif mis en place par la mairie", rapporte David Lopez, patron de l'épicerie Vrac Retrouvé, auprès de La Marne.
Dans les faits, lorsqu'une personne se sent en danger, elle entre dans une boutique partenaire, repérable grâce à un macaron rose en vitrine, demande Angela. "On sait que la personne doit être mise en sécurité, explique David Lopez. On doit la mettre dans un endroit calme et coupé du monde, souvent à l'arrière de notre commerce".











