Rap, style de films d'action... Comment la préfecture de police de Paris cherche à parler aux jeunes sur Tiktok

Une communication plus "audacieuse". Depuis plusieurs mois, les contenus qui apparaissent sur le réseau social Tiktok de la préfecture de police de Paris connaissent un fort succès d'audiences.
Perquisitions sur des musiques de rap, policiers au stand de tir qui imitent le célèbre jeu vidéo Grand Theft Auto... (GTA). Dans ces vidéos, tout y est fait pour attirer un public jeune et toujours plus connecté.
Une communication moins "académique" et "institutionnelle"
Auprès de BFMTV.com, la cheffe du service communication de la préfecture de Police, Loubna Atta affirme qu'ils ont "choisi d'avoir une communication un peu plus audacieuse, un peu moins académique et institutionnelle".
Avec comme objectif d'"aller vers un public plus jeune" en montrant ce que fait "vraiment" la police, mais de "manière différente".
S'il est difficile d'affirmer que l'objectif est entièrement atteint, ces nouveaux contenus scénarisés ne manquent en tout cas pas de faire réagir. C'est le cas d'une vidéo publiée sur le réseau social Tiktok le 4 octobre dernier, qui cumule 5 millions de vues.
Sur cette dernière, une équipe de la Brigade de recherche et d'intervention (Bri), se met en place pour effectuer une perquisition dans un immeuble. Le tout sur Coffre Plein, une musique regroupant trois artistes prépondérants de la scène rap : Koba La D, Maes et Zed.
Une mise en scène qui fait la promotion des "missions quotidiennes" des policiers de la Bri. "On n'est pas dans un discours violent, on ne prône pas la haine ni la violence ni quelque chose de cet ordre. Ce que l'on montre, de façon un peu scénarisée, un peu plus moderne c'est l'action de la police telle qu'elle est", détaille Loubna Atta.
Tiktok, le réseau social idéal pour la police ?
Dans les commentaires, les internautes ne cachent pas leur étonnement. "Je viens de rêver ou la préfecture a posté un Tiktok avec un son de Maes", se questionne l'une d'entre elles. Un autre internaute félicite même le service de communication. J'avoue qu'ils sont forts, ils se sont bien adaptés à Tiktok", écrit-il.
Selon Guillaume Le Saulnier, professeur en sciences de l'information et de la communication, le choix du réseau social a été bien réfléchi.
"TikTok est réputé pour avoir un algorithme qui va encourager les bulles de filtres, donc qui va vous proposer un ensemble de vidéos, de suggestions, au regard des comportements effectués sur la plateforme", précise-t-il auprès de BFMTV.com.
Ce denier, a "tendance à enfermer dans les centres d'intérêt et les préférences. Autrement dit, c'est un dispositif qui, en toute hypothèse, a toutes les chances de toucher les publics acquis aux causes policières", ajoute le spécialiste de la communication.
L'idée est de "réaffirmer" la puissance policière
Pour le professeur, ces nouveaux contenus sont une manière d'asseoir encore une fois l'autorité policière. "On va impressionner les publics auxquels on s'adresse avec des gros plans sur les armes lourdes, les cagoules, les casques et les véhicule blindés, assure Guillaume Le Saulnier. Il y a là l'idée de réaffirmer la puissance, la compétence et l'autorité de cette institution, en montrant les muscles d'une certaine façon".
En revanche, si la communication plus "audacieuse" de la préfecture de police saute aux yeux, elle n'est pas nouvelle.
"Il suffit de se brancher et de voir le déluge de "Cop show" qui ont envahi la TNT. On était déjà dans cette espèce de spectacle outrancier des unités d'élite, des services spécialisés, des policiers qui montent à l'assaut de la délinquance", précise Guillaume Saulnier.
Il s'agit donc ici d'une "répétition" avec les "moyens qui sont ceux des réseaux sociaux".











