Paris: un laboratoire de Marie Curie en passe d'être détruit, les opposants s'activent

Le lieu a vu défiler l'histoire. Dans le 5e arrondissement de Paris, les bâtiments qui composent l'institut du Radium -devenu l'Institut Pierre et Marie Curie- vont subir une perte: celle du "Petit pavillon", appelé aussi Pavillon des sources.
Pour un projet d'agrandissement du campus Pierre-et-Marie-Curie-Val-de-Grâce, le bâtiment, qui servait de lieu de stockage des matières premières utiles pour les recherches de Marie Curie, doit être détruit.
"Les jours sont comptés"
Le dernier permis de démolir date du 24 mars dernier et pousse les opposants au projet à agir rapidement. "Les jours sont comptés, tout peut être détruit du jour au lendemain", grince Didier Rykner, directeur de la rédaction de la Tribune de l'Art au micro de BFM Paris Ile-de-France.
Alors que l'ancienne bâtisse doit être remplacée par un bâtiment plus neuf et plus grand, certains proposent une autre piste: installer une extension du campus ailleurs dans Paris. Surtout que le projet actuel prévoit aussi la destruction d'un bâtiment Art déco et d'arbres anciens présents sur site.
"Nous avons des bureaux dans le nord-est de Paris, à Porte de la Chapelle, qui sont vides. Pourquoi ne pas étudier d'autres possibilités pour pouvoir s'agrandir", indique Emile Meunier, conseiller écologiste de Paris.
Le classement en monument historique, seule solution possible
Autre possibilité pour les opposants, le "placement en intendance de classement", auprès du ministère de la Culture, précise Didier Rykner. Une solution qui permettrait que le Pavillon des Sources, qui a vu passer les travaux de la première femme prix Nobel de l'histoire, soit classé comme monument historique.
Pour les Parisiens, comme Jean, cela serait une suite logique pour un tel lieu chargé d'histoire. "Il n'y a pas beaucoup de lieux consacré à la mémoire des femmes à Paris, donc je pense que ce serait une perte pour le matrimoine parisien (le féminin de patrimoine. ndlr)", pince-t-il. Plus loin, c'est la même chanson.
"Je préfère que l'on garde le bâtiment tel qu'il est, avec son environnement", souffle Andrev, assis sur un banc face au pavillon, au micro de BFM Paris Ile-de-France.
Contactés par BFM Paris Ile-de-France, le ministère de la Culture et l'Institut Pierre et Marie Curie, n'ont pas donné suite aux demandes.











