Menaces, insultes: des agents de sécurité de logements sociaux parisiens harcelés par téléphone

Un agent de sécurité (image d'illustration) - -
Six plaintes déposées depuis décembre. Depuis plusieurs mois, les agents du Groupement parisien inter-bailleurs de surveillance (GPIS), chargés d'une mission publique de sécurité dans les immeubles des bailleurs sociaux parisiens, sont la cible d'appels malveillants, rapporte Le Parisien.
Le directeur général du GPIS, Michaël Sibilleau, dénonce auprès de nos confrères des campagnes "hors normes" de déstabilisation des agents, aussi bien ceux postés au standard que sur le terrain.
Des menaces envers les agents
Les premiers appels remontent au mois de décembre, où les personnes au bout du fil, dissimulées par des voix de femmes robotisées se présentant comme des médecins, avaient lancé de fausses alertes au suicide dans des logements des bailleurs sociaux. D'autres appels avaient également menacé de "tout faire sauter" au siège du groupement.
Des insultes et menaces avaient été dirigées à l'encontre des agents du standard, qui avaient également reçu des menaces concernant la découverte par un agent de produits stupéfiants dans les parties communes d'un immeuble.
Certains appels, évoquant directement des caractères physiques de l'agent du standard ayant décroché, laissent entendre que les personnes responsables sont très bien "renseignées" sur le fonctionnement du GPIS, explique son directeur au Parisien.
Les appels malveillants ne se sont pas limités au standard du groupement. Le Samu, des commissariats et même les pompiers de Paris ont reçu des appels demandant une intervention au siège du GPIS, dans le 17e arrondissement.
Des enquêtes en cours
Depuis le mois de décembre, le groupement a reçu jusqu'à 1000 de ces appels malveillants par jour, les derniers en date remontant à la fin mai.
Certains numéros ont pu être identifiés comme provenant d'Estonie ou de Roumanie, mais une source proche de l'affaire confie au Parisien qu'il est possible de maquiller la provenance d'un appel par le biais d'un VPN. Impossible, donc, d'assurer que les appels venaient bien de ces pays.
De son côté, le directeur général du GPIS dénonce des actes malveillants qui "ont pu mettre en danger les locataires" des logements sociaux, rendant le standard inaccessibles pendant ces appels.
L'avocat du GPIS évoque quant à lui des faits qui pourraient être en lien avec une autre affaire de harcèlement et de déstabilisation en interne, qui avait conduit au licenciement d'un employé du GPIS.
Le directeur général du groupement assure que l'affaire est "prise au sérieux par le parquet de Paris", qui a confié les investigations à la Brigade d'enquêtes sur les fraudes et aux technologies de l'information, après avoir été diligentées par les commissariats des 17e et 18e arrondissements.











