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INFO BFMTV. Paris: un baron présumé du trafic de drogue incarcéré à la prison de La Santé

BFM Stéphane Sellami
Brassard de police (Photo d'illustration)

Brassard de police (Photo d'illustration) - THOMAS COEX / AFP

Olivier S., alias Paulo, a été mis en examen, le vendredi 28 juin, pour des faits de blanchiment de trafic de stupéfiants. Décrit comme l’un des principaux blanchisseurs dans le milieu du narcotrafic en France, il a été placé en détention provisoire à la prison de La Santé à Paris.

Quatre jours après son interpellation, la case prison. Selon les informations de BFMTV, Olivier S., 41 ans, a été conduit à La Santé à Paris où il a été placé en détention provisoire ce vendredi 28 juin. Quelques heures plus tôt, ce père de famille avait été mis en examen un juge d'instrcution pour des faits de blanchiment de trafic de stupéfiants.

Ce magistrat, en poste à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, avait lancé, depuis de longs mois, les enquêteurs de la brigade de stupéfiants (BS) et de la brigade de recherches et d’investigations financières (BRIF) de la police judiciaire parisienne, sur la piste de ce quadragénaire. Son nom était apparu à de nombreuses reprises depuis une dizaine d’années dans les annales judiciaires.

Interpellé le 24 juin dans un commerce du 16e arrondissement, Paulo avait été trouvé en possession d’un pistolet semi-automatique de marque Glock et de faux documents d’identité. Dans la foulée, treize autres suspects, dont sa compagne, avaient été arrêtés et placés en garde à vue.

Blanchiment d'argent grâce à un bar à chicha

Parmi elles figurent notamment la femme et la fille d’un certain Hakim B. Surnommé "Marca", "Marcassin" ou "Grosse culotte", cet homme de 44 ans, dépeint comme un poids lourd du trafic de drogue à Marseille et sa région, est incarcéré en France, depuis la fin de l’année 2021, après son extradition de Dubaï, où il avait trouvé refuge alors qu’il était activement recherché par les autorités judiciaires françaises.

Sa compagne et sa fille, âgée de 21 ans, ont elles aussi été mises en examen le 28 juin, notamment pour des faits d’association de malfaiteurs, non-justification de ressources et blanchiment de diverses infractions, avant d’être placées sous contrôle judiciaire. Contacté, leur avocat, Amar Bouaou n’a pas donné suite.

Les limiers de la PJ parisienne ont notamment sonorisé l’appartement, situé dans le triangle d’or de la capitale et payé 7000 euros par mois, de celle qui partage la vie de Marca ainsi que les parloirs de ce dernier à la prison de Meaux (Seine-et-Marne).

Les enquêteurs se sont également intéressés à la gestion d’un bar à chicha, implanté à Ivry-sur-Seine, et qui aurait pu servir de lieu de blanchiment au trafic de drogue. Un trafic pour lequel deux frères, âgés de 26 et 30 ans, originaires de Pantin ainsi qu’un troisième homme de 34 ans ont été mis en examen par le même juge d’instruction, avant d’être placés en détention provisoire.

Un train de vie qualifié "d'extravagant"

Les perquisitions de leur domicile ont permis la saisie de trois fusils d’assaut Kalachnikov et de deux kilos d’herbe de cannabis. Par ailleurs, le parquet de Paris a précisé que 100.000 euros en argent liquide et une montre d’une valeur de 300.000 euros avaient aussi été saisis.

L’arrestation d’un voyageur, en janvier 2022 à la gare de Lyon, transportant plus de 58kg de cocaïne alors qu’il se rendait à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) avait éveillé les soupçons des enquêteurs. Le nom de Olivier S. avait été cité dans cette affaire, mais sans qu’il soit inquiété.

Cela n’a pas empêché les policiers d’éplucher son train de vie, qualifié "d’extravagant" par une source proche de l’affaire, et en totale inadéquation avec ses revenus officiels. De dîners dans des grands restaurants en appartements de haut standing, en passant par plusieurs montres de luxe et des vacances sur des yachts... le quotidien fastueux de Paulo a été épié pendant plusieurs mois.

Un de ses proches, Greg B., trouvé en possession d’un autre pistolet Glock, et soupçonné d’avoir pris part au volet blanchiment dans ce même dossier, a également été mis en examen, puis placé sous contrôle judiciaire.

Tué "par erreur"

Déjà condamné à quatre ans de prison dans un dossier d’importation de cocaïne depuis le Pérou, puis mis en examen, en 2019, dans un autre trafic de drogue entre Paris et Marseille, le nom de Olivier S. est aussi revenu récemment dans une affaire d’assassinat.

Le 24 mai 2023, boulevard de Courcelles dans le 17e arrondissement, un agent immobilier, âgé de 31 ans, avait été atteint par plusieurs projectiles tirés par un homme casqué, muni d’un pistolet-mitrailleur Skorpion VZ61 et d’une arme de poing modèle Colt 1911, calibre 45. La victime avait succombé à ses blessures.

Une semaine plus tard, Paulo s’était rendu dans les locaux de la brigade criminelle, en charge de l’enquête sur cet assassinat, pour indiquer qu’il était la véritable cible de ce meurtre et que cet agent immobilier avait été tué "par erreur".

Contacté, l’avocat de Olivier S., Me David-Olivier Kaminski n’a pas "souhaité s’exprimer".