INFO BFM PARIS ÎLE-DE-FRANCE. Budget 2025: quelles conséquences sur les départements franciliens?

Le régime sec demandé par le gouvernement aux collectivités territoriales franciliennes a du mal à passer en Île-de-France. "Une question existentielle", souffle-t-on dans les départements.
Alors que le budget 2025 est en cours de discussion à l'Assemblée nationale, les collectivités territoriales doivent baisser leurs dépenses. BFM Paris Île-de-France a estimé le montant de ces coupes budgétaires demandées à l'échelle de l'Île-de-France.
321 euros d'économies en Île-de-France
Et la somme est colossale. Les économies sont d'au moins 750 millions d'euros, selon un décompte effectué par BFM Paris Île-de-France à partir de plusieurs sources* et cela toutes recettes confondues. Il s'agit des économies demandées à la région, aux départements et aux intercommunalités pour 2025 en Île-de-France.
L'Etat réclame cinq milliards d'euros d'économie directe aux collectivités territoriales et un peu plus si on prend en compte les aides comme le Fond vert, un dispositif pour accélérer la transition écologique.
Pour la région Île-de-France, sur 2024 et 2025, la somme d'économie à faire est de 321 millions d'euros. Pour Paris, elle serait d'environ 200 millions d'euros, selon les chiffres donnés en Conseil de Paris mi-octobre par Paul Simondon, adjoint aux finances d'Anne Hidalgo.
"Asphyxie" des départements
Pour chaque département, les montants tournent entre 20 et 70 millions d'euros. Les départements sont dans des situations financières très critiques qui ne va plus leur permet d'investir. L'association des départements de France alerte sur leur "asphyxie".
Par exemple, le département des Hauts-de-Seine, très riche en ressources, ne faisait plus appel aux banques pour ses projets d'investissements depuis dix ans. Mais cette année, il a emprunté plus de 400 millions pour la construction de nouveaux collèges.
"En 2023, 14 départements ont fait l'objet d'une aide d'équilibre. Fin 2024, il est prévu que ça passe à une trentaine de départements. Si rien n'est fait, plus de 80% des départements devraient en 2025 obtenir une subvention d'équilibre pour ne pas être sous tutelle. On voit que le système ne peut pas tenir", a alerté Georges Siffredi, le président du département des Hauts-de-Seine vendredi lors de la séance plénière du département en citant des chiffres de l'association des départements de France.
En Seine-et-Marne, la facture est de 70 millions d'euros selon le département et de 60 millions d'euros pour le Val-de-Marne. Quant au Val-d'Oise, le département anticipe 61 millions d'euros de recette en moins, alors que Stéphane Troussel a annoncé lundi 21 octobre, la somme 40 millions d'euros pour la Seine-Saint-Denis.
Autre exemple, les économies à prévoir dans les Yvelines sont de 48 millions d'euros selon le département, toutes recettes confondues. Il s'agit de cinq fois le résultat net de 2024. "Le département a déjà fait un plan d'économie", explique-t-il à BFM Paris Île-de-France.
En d'autres termes, les départements accumulent les charges et, alors que les recettes baissent, s'ajoutent une ponction gouvernementale.
Vers une baisse d'investissements dans les transports en commun?
Pour convaincre, Pierre Bédier, le président du département des Yvelines et de l'association des départements d'Île-de-France, a pris son bâton de pèlerin pour rappeler les spécificités franciliennes auprès du gouvernement et des parlementaires.
C'est-à-dire, une grande précarité de la population, mais aussi une crise du marché immobilier. Cette apathie se traduit par une baisse des frais de notaire, touchés par les collectivités. Le Val-d'Oise a perdu 72 millions d'euros en 2023 et 55 millions d'euros en 2024.
Les Franciliens peuvent redouter une baisse d'investissements notamment dans les transports en commun, les départements franciliens étant des financeurs de ces projets d'infrastructures avec les villes et la région. Sur le plan social, les investissements pourraient également baisser, les départements se recentrant uniquement sur les compétences les plus essentielles.
* BFM Paris Île-de-France a basé ses calculs sur les données estimées par Intercommunalités de France, la région Île-de-France, la ville de Paris, les départements de Seine-Saint-Denis, des Yvelines et de Seine-et-Marne.











