Femme mortellement percutée à La Défense: 30 ans de réclusion requis contre le conducteur de la camionnette volée

Un homme a percuté deux piétons au volant d'une camionnette volée à La Défense en février 2021 - AFP
Ce vendredi 21 mars, l'accusation a requis 30 ans de réclusion contre un homme jugé devant les assises des Hauts-de-Seine pour avoir percuté mortellement une piétonne et gravement blessé un piéton sur le parvis de La Défense en 2021, au volant d'un véhicule volé.
Jugé depuis mercredi, cet homme de 48 ans, qui comparaît détenu, est accusé de meurtre, tentative de meurtre et vol en récidive.
Un état dépressif sévère
Le 3 février 2021, dans le quartier d'affaires aux portes de Paris, il a dérobé une camionnette électrique assurant la propreté de la ville de Puteaux avant d'engager un trajet meurtrier de 61 mètres au cours duquel il a percuté deux piétons.
Blessé à la tête, à l'avant-bras, au tibia et au dos, la première victime, un homme de 34 ans, s'est vu octroyer une incapacité totale de travail de 20 jours. Son expertise psychologique a révélé un état dépressif sévère et des idées suicidaires.
La deuxième victime, une femme de 63 ans, s'est retrouvée coincée sous les roues du véhicule et a été traînée sur plusieurs mètres. Malgré des tentatives de réanimation, son décès a été prononcé peu après la collision.
Après avoir heurté un muret, le conducteur a pris la fuite à pied. Il a été interpellé sur les quais du RER grâce à des témoins l'ayant identifié.
Les recherches de toxiques ont montré qu'il était sous l'emprise de l'alcool et des stupéfiants lors de l'embardée mortelle.
"Nous ne sommes pas là pour juger une simple blague mais un crime", a lancé l'avocate générale en référence à une expression que l'accusé avait utilisé en garde à vue pour expliquer son acte mais qu'il a dit regretter lors du procès.
La magistrate a déploré que le mis en cause minimise les faits et présente de multiples versions, souvent contradictoires.
Elle a justifié la lourdeur de la peine requise par la "dangerosité" et les "très faibles capacités de réinsertion" de l'accusé.
"Je m'excuse"
Il "arrange la vérité comme ça lui convient", a déploré Me Laura Ben Kemoun, qui défend la fille de la victime décédée. Le conseil a aussi dénoncé "l'attitude froide, nonchalante, glaçante même" du mis en cause.
Niant toute intention homicide, l'accusé a reconnu, lors de son ultime prise de parole, avoir "causé des torts irréparables". "Je m'excuse auprès de ceux et celles que j'ai pu heurter, blesser et même amener à la mort", a-t-il assuré.
Sans domicile fixe et en situation irrégulière au moment des faits, cet homme de nationalité angolaise faisait l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière.
Ayant fui l'Angola à 10 ans après la mort de ses parents, tués pendant la guerre civile dans ce pays du sud-ouest de l'Afrique, il est entré illégalement en France et a été placé jusqu'à sa majorité.
Il avait été condamné en 2014 à dix ans de réclusion pour viol. Placé en rétention à sa sortie de prison en 2020, il n'avait pas regagné son pays d'origine, faute de délivrance d'un laissez-passer consulaire. Le verdict est attendu dans la soirée.











