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"Il nous faut un référentiel", le CNRS explore la piste du compostage humain en Essonne

BFM Tanguy Roman Clavelloux
Photo d'illustration.

Photo d'illustration. - Fotograve Di Antonio Gravante / AFP

Le Centre national de la recherche scientifique réalise actuellement des recherches, aux Ulis, en Essonne, sur le compostage humain, une pratique interdite en France. Les chercheurs ont détaillé leur expérimentation, ce vendredi 17 octobre.

"Le cimetière des Ulis (Essonne) est le seul à avoir accepté cette expérimentation." Le docteur en biologie à l'université de Lille Damien Charabidze a détaillé le projet de compostage humain auquel il participe, ce vendredi 17 octobre, auprès d'ActuEssonne.

Sous l'égide du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Damien Charabidze et plusieurs chercheurs réalisent des recherches sur la terramation, autrement dit le compostage humain, dans une parcelle en friche aux Ulis, depuis le mois de juin 2025.

Les scientifiques ont enterré huit carcasses de brebis dans une fosse. La moitié a été recouverte de terre et l'autre de copeaux de bois et de carbone végétal, dans le but de tester deux méthodes différentes.

"L'objectif de cette expérience est de mesurer, documenter et vérifier si ce procédé fonctionne. Pour cela, il nous faut un référentiel, un témoin, qui va permettre d'établir des comparaisons avec la pratique actuelle de l'enterrement de pleine terre", a expliqué Damien Charabidze à ActuEssonne.

Les chercheurs du CNRS travaillent avec l'association Humo Sapiens, qui les a aidés à "cadrer" l'expérimentation. Cette dernière prendra fin au printemps 2026. Plusieurs critères seront étudiés par Damien Charabidze et ses collègues, tels que la décomposition des corps, les odeurs, l'aspect visuel et la présence d'insectes.

Une méthode interdite en France

Réaliser le même type d'expérience sur des corps humains est encore trop tôt, selon le docteur en biologie de l'université de Lille: "Cela n’aurait pas de sens de le faire à ce stade, car nous sommes encore dans une phase de recherche. Quand on aura suffisamment de recul, on pourra envisager de faire des premières mises en œuvre funéraires sur les donneurs qui l’acceptent."

Dans l'opinion publique française, la terramation est assez méconnue. Selon un sondage OpinionWay, réalisé pour Humo Sapiens et la Maïf en 2022, seul un Français sur trois (31%) connaissait cette technique de sépulture. Mais une fois expliquée, près d'une personne interrogée sur deux se disait prête à recourir à la terramation pour eux ou leurs proches.

Autorisée dans une dizaine d'États américains, le compostage humain est une alternative à la crémation et l'inhumation. Elle est pour l'instant interdite en France.