BFM

"C'est trop sale": Saint-Mandé reproche à la mairie de Paris de mal entretenir le boulevard de Guyane

BFM Agathe Albouy, Nicolas Dumas et Clémence Renard avec Florian Bouhot
placeholder video
Les riverains déplorent depuis plusieurs années la présence sur les trottoirs d'encombrants et de déchets. Une convention est en cours d'élaboration pour solutionner le problème.

Long d'un peu plus d'un kilomètre, le boulevard de la Guyane trace la limite entre le 12e arrondissement de Paris et la commune de Saint-Mandé (Val-de-Marne). Depuis plusieurs années, cette artère est connue comme un site de dépôt d'encombrements à ciel ouvert.

On y trouve des matelas, des WC, des planches en bois. Les ordures jonchent le sol de cet axe, encourageant la prolifération de nuisibles. Au micro de BFM Paris Île-de-France, des riverains déplorent cette insalubrité.

"C'est particulièrement le samedi, le dimanche et le lundi", assure Catherine. "On bricole, on ne sait pas où mettre (les déchets, NDLR), on ne se donne pas la peine d'aller à la déchetterie, qui est à Ivry." Et d'ajouter: "C'est les gens qu'il faut dresser".

Houra rend fréquemment visite à sa fille, installée non loin du boulevard de la Guyane. "C'est trop sale. Les cacas, les chiens, les boîtes de bières", énumère-t-elle. Autre grief soulevé par les riverains: le dysfonctionnement des lampadaires, qui n'éclairent plus le trottoir la nuit et causent un souci de sécurité.

Des lettres adressées à la mairie de Paris

Si le problème est de notoriété publique, comment expliquer qu'il persiste? Notamment car le boulevard de la Guyane est placé sous un statut particulier. Les habitations sont administrativement rattachées à la commune val-de-marnaise. Le trottoir, lui, répond de la responsabilité de la municipalité pilotée par Anne Hidalgo. C'est en principe à la mairie parisienne d'en assurer l'entretien.

Julien Weil, maire Les Républicains (LR) de Saint-Mandé, dit avoir écrit à plusieurs reprises à l'édile socialiste pour lui indiquer qu'elle manque à son devoir. "C'est une fin de non-recevoir. Je n'ai même pas de réponse. La situation que je vis ici, tous les habitants qui vivent le long des voies parisiennes le subissent", s'exaspère-t-il.

Il y a quelques semaines, des élus de la ville de Paris sont pourtant venus constater la détérioration de l'espace public. La pelouse, qui avait pris l'allure de hautes herbes, a depuis été tondue, mais le problème de la salubrité n'a pas été réglé.

L'élu val-de-marnais affirme aussi avoir "essayé de trouver des solutions" de son côté. Il a ainsi mandaté des agents municipaux pendant plusieurs semaines pour extraire les encombrants de l'asphalte. En vain: les ordures se réinstallent en l'espace de quelques jours.

Des "mesures nécessaires pour assurer la propreté"

Interrogée par BFM Paris Île-de-France, la ville de Paris s'étonne de la prise de parole de Julien Weil et de ses missives. Elle promet qu'elle "prend les mesures nécessaires pour assurer la propreté et la sécurité des lieux".

"Une nouvelle convention de collaboration sera votée en conseil de Paris en novembre prochain: la ville de Paris et la commune de Saint-Mandé engageront une délégation des opérations d’entretien comme la propreté, le ramassage des objets encombrants ou la gestion des espaces végétalisés", fait-elle savoir, insistant sur le fait que "ce travail est en cours depuis plusieurs mois" et que "le maire de Saint-Mandé ne peut l'ignorer".

Cette convention devra, in fine, permettre à la ville de Paris, de déléguer la charge de la propreté sur le boulevard de la Guyane à la ville de Saint-Mandé. Culture, aménagement, bois de Vincennes: voilà quelques-uns des autres thèmes que la convention devrait aussi aborder.

La mairie espère que le texte pourra "améliorer la situation". D'autres secteurs -comme la rue Victor-Hugo et la chaussée de l'Étang- et d'autres communes limitrophes, comme celle de Pantin, posent également des questions de propreté. Ce que la ville de Paris reconnaît.