140km en zone inondable: comment la RATP fait face à l'afflux d'eau sur son réseau

Des stations de métro ont été inondées suite aux intempéries à Paris. - Témoin BFMTV
Mardi soir, Paris a été surpris par de violents orages alors que le département était seulement placé en vigilance jaune par Météo-France.
Conséquence, le trafic dans les transports en commun a été perturbé à partir de la fin de journée avant de reprendre dans la soirée. Au total, huit stations ont été fermées entre 18h05 et 20h pour éviter les accidents et les chutes, avant une reprise progressive du trafic. La circulation des métros n'a été interrompue sur aucune ligne de métro, précise la RATP à BFMTV.com.
Les images du ruissellement de l'eau sur les escaliers de la station Balard, terminus de la ligne 8, ont fait beaucoup réagir les internautes sur les réseaux sociaux.
Des dégâts ont été observés dans certains bureaux, notamment à celui d'Alma Marceau, sur la ligne 9, où les agents ont dû travailler les pieds l'eau. Une fois l'eau évacuée, le sol était jonché de boue ou encore des nombreuses feuilles amenées par les trombes d'eau. Cependant, la RATP ne constate aucun dégât "majeur", même si elle précise qu'un état des lieux de l’ensemble des stations est en cours.
70 stations sous protection accrue
Ce n'est pas la première fois que les lignes de la RATP sont touchées par des fortes pluies. Pour cause, 140 kilomètres de l'ensemble du réseau ferré se trouvent en zone inondable et 70 stations de métro font actuellement l'objet d'une protection accrue, explique la RATP sur son site internet.
Les infiltrations d'eau sont un véritable risque, en-dehors même de tout épisode pluvieux exceptionnel. Le réseau de métros et de RER se trouvant principalement en sous-sol, environ 40% des stations et gares sont concernées. Et cela n'est pas sans conséquences: des impacts sont possibles sur les installations électriques, les rails peuvent être dégradées.
Des opérations de maintenance sont donc régulièrement réalisées et surtout, des pompes de relevage sont présentes dans des "postes d'épuisements". Ces dernières, "par un système de détecteurs, évacue l’eau via les systèmes de canalisations (rigoles, regards, puisards, drains puis éjecteurs vers les égouts) sur le réseau urbain".
"Nous pouvons également mobiliser une pompe de nettoyage", nous précise l'entreprise ferroviaire, même si cela n'a pas été nécessaire mardi.
Exercices de simulation
Des exercices de simulation sont menés régulièrement pour se préparer aux infiltrations d'eau, principalement en cas de crues. Concrètement, la RATP a créé un plan de prévention aux risques d'inondations en 2002.
Ce dernier prévoit "la mise en œuvre rapide d’actions suivant les seuils de la montée de la Seine et notamment l’édification de protections sur l’ensemble des ouvrages d’aération et des bouches de métro situés en zone inondable, afin d’empêcher l’eau de pénétrer dans les réseaux", explique l'entreprise.
L'objectif est de préserver les "installations (matériel et infrastructures) en cas de risque d’inondation de façon à permettre une reprise rapide de l'exploitation après une crue" en construisant le plus rapidement possible des murs de protection. Pour ce faire, la RATP dispose en tout de 40.000 parpaings, 800 tonnes de mortiers, 150 bétonnières ou encore environ 200 camions.
Un réseau perméable car ancien
En cas de crue exceptionnelle "900 agents RATP seraient à pied d’œuvre" et "429 ouvrages de protections contre les crues seraient érigés", affirme la RATP.
Ce système a néanmoins été mis en place pour les crues et n'est pas forcément adapté aux inondations ponctuelles (et inattendues) comme celles de mardi soir. La RATP affirme qu'il faudrait entre un et quatre jours pour monter ces protections en cas de crue centennale.
Si le réseau de la RATP est aussi perméable, souligne l'entreprise, c'est notamment en raison de son ancienneté -plus de 100 ans- et de la structure géologique des sols et de l’environnement urbain (voirie, proximité de la Seine, etc.).











