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Cyclone à Mayotte: le projet de loi d'urgence présenté ce mercredi en Conseil des ministres

BFM B.F avec AFP
Le Premier ministre, François Bayrou, lors de son déplacement à Mayotte le 30 décembre 2025

Le Premier ministre, François Bayrou, lors de son déplacement à Mayotte le 30 décembre 2025 - JULIEN DE ROSA / AFP

Logement, école, mesures économiques... Ce texte comprendra des mesures permettant d'accélérer la reconstruction de l'archipel. Il lui est cependant reproché de ne pas s'attaquer à la question des bidonvilles.

Le projet de loi pour la reconstruction de Mayotte est présenté ce mercredi 8 janvier en Conseil des ministres. Ce texte permettra notamment de déroger pendant deux ans aux règles d'urbanisme mais il est critiqué par des élus lui reprochant de ne pas s'attaquer aux bidonvilles.

Selon l'exposé des motifs du projet de loi d'urgence pour Mayotte, dévasté le 14 décembre par le cyclone Chido, l'objectif est de permettre aux acteurs publics de "rétablir les conditions de vie des habitants" tout "en préparant la reconstruction" du petit archipel français de l'océan Indien.

Dérogation aux règles d'urbanisme pendant deux ans

Pour les mesures de plus long terme, notamment autour des questions d'immigration, de sécurité et de développement économique, le gouvernement prévoit un autre projet de "loi programme" qui sera élaboré dans les trois mois, indique Matignon.

Selon la même source, le texte de mercredi vise à déroger "pendant deux ans" aux règles d'urbanisme et des marchés publics, pour faciliter la reconstruction des écoles mais aussi des infrastructures et des logements.

La loi prévoit ainsi que "les constructions à usage d'hébergement d'urgence édifiées à Mayotte (...) postérieurement au 14 décembre 2024 et jusqu'à l'expiration d'un délai de deux ans suivant la publication de la présente loi (...) sont dispensées de toute formalité au titre du code de l'urbanisme".

Concernant les écoles, durement touchées alors que Mayotte est le département le plus jeune de France avec un habitant sur deux mineur, le projet prévoit que "l'État ou un de ses établissements publics" puisse assurer leur construction, reconstruction ou rénovation en lieu et place des collectivités locales jusqu'au 31 décembre 2027.

Pour mener à bien cette mission, le texte prévoit d'élargir les missions de l'établissement public foncier et d'aménagement de Mayotte (EPFAM) pour lui confier "la mission de coordonner les travaux de reconstruction de Mayotte". Une personnalité doit être nommée à sa tête, selon Matignon.

Sur le foncier, alors qu'il est souvent difficile d'identifier formellement les propriétaires des terrains à Mayotte, le texte prévoit de déroger aux règles habituelles et de pouvoir exproprier avant qu'un propriétaire ait été identifié, quitte à l'indemniser a posteriori.

Le texte contiendra aussi plusieurs mesures économiques qui resteront en vigueur "jusqu'au 31 mars 2025", comme la suspension du recouvrement des cotisations sociales des travailleurs indépendants, la prolongation des droits des assurés sociaux et des chômeurs ou l'augmentation de la prise en charge au titre du chômage partiel.

"Aucune réponse aux vraies urgences"

Rien en revanche sur l'habitat précaire, alors que François Bayrou avait promis lors de son déplacement fin décembre "d'empêcher la reconstruction" des bidonvilles à Mayotte.

"Le texte est inacceptable parce qu'il n'apporte aucune réponse aux vraies urgences de Mayotte", estime l'ancien député et vice-président LR en charge des Outre-mer Mansour Kamardine, réclamant "une mesure qui inscrit l'interdiction des bidonvilles" dans l'archipel.

De son côté, la députée Liot de Mayotte Estelle Youssouffa, sans commenter le projet de loi d'urgence, a réclamé que "les entrepreneurs de Mayotte soient prioritaires sur les contrats" de reconstruction de l'archipel.

Selon des sources parlementaires, le texte passera en commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale dès le 13 janvier, jour de la reprise de l'activité à l'Assemblée. Son examen en commission pourrait se prolonger mardi, avant un examen du texte en séance le 20 janvier.

Chido, cyclone le plus dévastateur à Mayotte depuis 90 ans, a causé la mort d'au moins 39 personnes et fait plus de 5.600 blessés, selon le dernier bilan publié par les autorités.