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Seine-Maritime: des salariés d'ExxonMobil s'entraînent à reconnaître les odeurs en cas d'incident industriel

BFM Normandie Tristan Rickli avec Laurène Rocheteau
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Les salariés volontaires s'entraînent sur plusieurs années à reconnaître les odeurs, afin de pouvoir les identifier et détecter une odeur anormale en cas d'incident sur des sites industriels.

Reconnaître des odeurs de pinène, de styrène ou encore de scatol. À Lillebonne, près du Havre, des salariés du site industriel d'ExxonMobil à Port-Jérôme-sur-Seine suivent une formation pour reconnaître les odeurs de différentes molécules. L'objectif: être capable de les identifier et de réagir rapidement en cas d'incident industriel.

À l'aide d'échantillons sur des bâtonnets, comme pour le parfum, les salariés doivent reconnaître les odeurs, pour ensuite les catégoriser.

"On doit identifier d'abord un pôle. Il y a différents pôles: le pôle aminé, le pôle soufré, terpénique, par exemple", explique au micro de BFM Normandie Céline Colivet, coordinatrice Hygiène, Sécurité, Environnement ExxonMobil. "Et puis ensuite, on doit identifier la substance dans ce pôle."

45 références de molécules

Les salariés volontaires se réunissent une fois par mois pour apprendre à développer leur nez. Au total, ils apprendront à identifier 45 références de molécules, réparties en deux niveaux de formation.

Mais apprendre à développer son odorat prend du temps. Deux à trois ans d'exercice leur seront nécessaires pour savoir identifier l'ensemble du socle de référence. Et comme dans toute forme d'apprentissage, certains ont plus de facilités que d'autres.

"Ça demande un entraînement," explique Nathalie Lesimple, contrôleuse des risques chez ExxonMobil. "Et après, ça dépend des jours, ou ça dépend des personnes. Certains peuvent détecter plus certains produits que d'autres."

Au-delà de l'utilité de cette formation dans le secteur industriel, apprendre à développer son nez est également un avantage au quotidien.

"C'est-à-dire que l'odorat, on ne s'en sert pas tout le temps. C'est un sens qui est sous-utilisé", déclare Valérie Martin-Maillet, responsable de la formation sensorielle à Lillebonne. "Ça ouvre pas mal de choses quand on va se balader, dans son jardin, quand on fait des randos."

Une fois qu'ils auront reçu suffisamment d'entraînement, le groupe se rendra sur le terrain pour tenter d'y identifier les substances présentes.