BFM Normandie

Seine-Maritime: des champs saccagés par le passage régulier d'engins motorisés autour d'une prison

BFM Normandie Manon Modicom, Simon Pires et Chloé Barbaux avec Martin Regley
placeholder video
Téléchargez la nouvelle application BFM
Les individus arrivent souvent en motocross ou en quad et détruisent les parcelles agricoles, au grand dam des agriculteurs.

Les parcelles agricoles sont saccagées. Dans les champs qui bordent la prison de Saint-Aubin Routot (Seine-Maritime), proche du Havre, les agriculteurs sont dépassés par les parachutages de colis, contenant de l'alcool, de la drogue ou encore des téléphones portables, à destination des déténus.

Souvent en motocross ou en quad, les personnes, qui jettent les colis au-dessus des murs de la prison, détruisent les cultures d'une dizaine d'agriculteurs depuis plusieurs années.

"Là on a l'exemple d'un passage, mais ce sont en réalité plusieurs passages dans l'année", regrette Xavier Lecomte, agriculteur, au micro de BFMTV, en montrant les épis de blés totalement couchés au sol.

Des nuisances sonores pour les habitants

Face à la multiplication des passages, l'agriculteur se dit désormais prêt à "se mettre d'accord" avec eux.

"Je serais presque content si on pouvait faire un chemin pour eux et au moins on aurait beaucoup moins de préjudices que d'avoir des dégâts à certains endroits", explique Xavier Lecomte.

Si ces actes affectent les agriculteurs, les nuisances qu'ils engendrent touchent aussi les habitants alentours. "Les copains quand ils arrivent, la prison est en effervescence, il y a énormement de cris, de brouhaha, des encouragements, ils sont applaudis", regrette Alain About, riverain de la prison.

Plusieurs mesures mises en place en vain

Pourtant, depuis l'installation du centre pénitentiaire il y a 13 ans, les autorités ont mis en place plusieurs mesures pour éviter ces parachutages illégaux: patrouilles de gendarmes, drones, chiens pisteurs ou encore caméras de surveillance. Malgré cela, le phénomène ne semble pas faiblir.

"Chaque méthode est efficace, mais en face on a des organisations et des réseaux qui se met en place pour les contrer", affirme Anthony Guérout, maire de Saint-Aubin-Routot.

Au sein de la prison, les surveillants disent alerter les gendarmes dès qu'ils entendent les véhicules s'approcher des murs. Afin de limiter le phénomène, des clôtures plus hautes devraient être installées dans les prochains mois.