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Ce que l'on sait de la baleine échouée au large de Réville dans la Manche

BFM Normandie Juliette Moreau Alvarez
Ce que l'on sait sur la baleine échouée au large de Réville (Manche) le dimanche 10 novembre 2024.

Ce que l'on sait sur la baleine échouée au large de Réville (Manche) le dimanche 10 novembre 2024. - Préfecture de la Manche

Une baleine de 10 à 12 tonnes s'est échouée au large de Réville ce dimanche 10 novembre. Elle a été ramenée à terre et une autopsie a été ordonnée pour déterminer les causes de sa mort.

Une baleine morte a été découverte échouée au large de Réville ce dimanche 10 novembre au matin. Le cétacé a été retrouvé sur un îlot rocheux, dans le Val de Saire, un endroit inaccessible à pied proche de la plage de Jonville.

• Une baleine de 10 à 12 tonnes

Selon la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord, la baleine mesure entre 7 à 10 mètres de long, et pèse entre 10 et 12 tonnes. Le maire de Réville, Yves Asseline, a été prévenu de la présence de l'animal "par la police et les pompiers peu avant 10 heures", a-t-il indiqué à nos confrères de France bleu.

En raison du vent, de la marée montante, des courants, mais aussi du travail de décomposition déjà entamée et de la proximité du corps de la côté et d'activités économiques, les services habilités ont décidé "du retrait rapide du cétacé".

En effet, des émanations de gaz avaient débuté en raison de la décomposition de la baleine.

• Une autopsie et des analyses en cours

La Marine nationale, ainsi que les pompiers, le Cross, la gendarmerie et de nombreux autres services ont été mobilisés pour rapatriée la carcasse sur la terre ferme. Un balisage par hélicoptère a d'abord été effectué avant de procéder au déséchouage du cétacé.

Après un protocole strict, la baleine a pu être ramenée sur le sol cotentin en fin de journée, au niveau de la cale de Jonville, détaille toujours la préfecture maritime. La carcasse doit être transportée sur un site spécialisé pour débuter une autopsie.

Dès ce lundi 11 novembre et pendant plusieurs jours, des analyses vont être menées afin de déterminer les raisons de la mort de la baleine, mais également pour écarter "tout risque sanitaire lié aux conséquences de son échouage à proximité de la côte".

• De multiples hypothèses sur la cause de la mort

Les baleines sont habituellement difficiles et rares à observer dans la Manche. Les baleines à bosse par exemple sont plutôt habituées aux eaux de l'Atlantique nord en été et celles des tropiques. Mais en raison notamment du réchauffement de la température des mers, les observations de grands cétacés sont de plus en plus fréquentes dans la Manche.

Une baleine à bosse, a ainsi été aperçue par la gendarmerie d'Ouistreham près d'Hermanville le 11 mars dernier. Encore un autre animal, probablement de l'espèce rare des baleines à bec de Sowerby, a par exemple été photographié le lundi 28 octobre dans le Calvados, selon le GECC.

Ainsi, en plus des observations, les échouages de grandes baleines augmentent également. Un phénomène qui se multiplie pour plusieurs raisons, selon Marc Giraud, porte-parole de l'association pour la protection des animaux sauvages.

"Il y a les collisions avec les grands bateaux et les bateaux rapides. Il y a les pollutions sonores parce que les cétacés fonctionnent au sonar. Il y a les pollutions chimiques, il y en a aussi qui sont affamés", énumérait-il déjà il y a plusieurs mois à BFM Normandie.

L'animal peut aussi s'être blessé par l'environnement marin ou des installations humaines ou encore, avoir été victime d'un empoisonnement. La mortalité naturelle et la prédation ne sont pas à écarter.

• Des cétacés échoués de plus en plus fréquents

Des causes qui touchent les baleines mais aussi les autres cétacés présents dans la Manche. Fin juillet, un marsouin commun a été découvert sur une plage de Fécamp. Un dauphin commun a aussi été retrouvé mort échoué le 4 janvier sur la plage de Villerville dans le Calvados.

En avril 2023, une baleine de 30 tonnes s'était échouée sur la plage de Saint-Valery-en-Caux en Seine-Maritime. Des restes de ce même animal avaient été retrouvés encore quatre mois plus tard, en août, sur la plage de Veules-les-Roses en Seine-Maritime après une tempête.

En deux ans donc, deux rorquals se sont échoués sur les côtés normandes, alors qu'en 2022 l'observatoire Pelagis ne recensait au total, depuis le début des études, que six cas d'échouage de baleines à bosse sur la façade Manche et mer du Nord. Les deux animaux précédemment échoués ont été vus en 2022 dans le Pas-de-Calais, et en 2012.

• Une baleine déjà observée dans le passé?

Avec la découverte de cette baleine, beaucoup de personnes se demandent s'il s'agit du même animal marin observé à la mi-octobre dans la Seine, entre Rouen et Le Havre. Ce dernier, une baleine à bosse, avait disparu des radars le 16 octobre dernier, bien qu'un autre cétacé de cette espèce a été observé le 19 octobre près de Jersey.

Sur les réseaux sociaux, d'autres internautes évoquent également une baleine filmée dans la baie de Saint-Malo fin octobre.

Il est pour l'instant impossible de savoir s'il s'agit ici du même animal, ou bien de plusieurs baleines différentes. Ce type de grands cétacés est en effet difficile à observer pour les spécialistes. La baleine à bosse "peut se déplacer sur plusieurs centaines de mètres sans remonter à la surface", et effectuer des apnées de "plus ou moins 30 minutes", détaille le GECC.

Sans oublier les conditions météorologiques, le trafic maritime et les marées qui perturbent les observations de cétacés dans la Manche.