Abbé Pierre accusé d'agressions sexuelles: des habitants d'Esteville s'opposent à la fermeture du centre

Depuis ce samedi 20 juillet, le centre Abbé-Pierre d'Esteville (Seine-Maritime) garde ses portes closes. Cette fermeture, pour le moment temporaire, fait suite aux accusations d'agressions sexuelles et de harcèlement portées à l'encontre de l'abbé Pierre, dans un rapport rendu public par Emmaüs et la Fondation Abbé-Pierre le 17 juillet.
La décision a été prise par le directeur du centre, "en signe de respect à l'égard des victimes" notamment, comme cela est écrit sur une affiche accrochée à l'une des barrières qui empêche l'accès au lieu.
Les Estevillais dans l'incompréhension
À Esteville, où l'abbé Pierre est enterré, les habitants expriment leur incompréhension. "On est surpris quand même, surtout pour un homme d'Église comme ça, c'est un peu surprenant", affirmait ainsi Gilles au micro de BFM Normandie jeudi. Malgré les accusations, d'autres Estevillais interrogés s'opposent à la fermeture du centre.
"Il faut différencier l'homme et l'association. C'est deux choses différentes", déclare une riveraine au micro de BFMTV.
"C'est pas possible de remuer des machins comme ça des années après, c'est pas possible..." s'émeut un autre habitant du village normand de 500 habitants, dont l'école porte le nom de l'abbé Pierre.
L'association Mouv'Enfants, qui lutte contre les violences faites aux enfants et aux adolescents, souhaite, elle, que la fermeture du lieu soit définitive.
"Une fois qu'on a dit aux victimes 'on vous croit', ça nous oblige à une forme de réparation collective. On ne peut pas faire le distinguo entre l'homme et le Saint-Sauveur", a déclaré Arnaud Gallais, co-fondateur de l'association, sur le plateau de RMC ce lundi.
Une huitième accusation
"Ils ont fermé 'jusqu'à nouvel ordre'. Pour nous c'est insupportable, pour les victimes, c'est le présent perpétuel", a-t-il poursuivi au micro de BFMTV. Le 20 juillet dernier, des membres de l'association s'étaient mobilisés devant le mémorial, affichant notamment une inscription "Abbé-Pierre: pas de lieu de mémoire pour un agresseur" sur les murs du centre.
Le lieu attirait de nombreux curieux, dans un village où la mémoire du fondateur d'Emmaüs est présente partout. "C'est quand même dommage, c'est beaucoup visité, il y a beaucoup de monde qui vient", conclut une habitante.
Sept femmes ont témoigné de "comportements pouvant s'apparenter à des agressions sexuelles ou des faits de harcèlement sexuel" dans le rapport, réalisé par le cabinet Egaé, géré par la militante féministe Caroline De Haas. Depuis, une huitième femme a accusé à son tour l'abbé Pierre d'agression sexuelle.













