Coût de la vie étudiante: comment se positionnent les villes de Rouen, du Havre et de Caen?

Une salle d'université (photo d'illustration) - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
1103,44 euros. C’est le coût mensuel moyen de la vie pour un étudiant dans la ville du Havre, selon une enquête de l’Union nationale des étudiants de France (Unef), syndicat étudiant classé à gauche. Une somme en hausse de 7,31% par rapport à l’an dernier.
408 euros en moyenne pour se loger à Caen
À Rouen, le coût mensuel moyen de la vie étudiante s’élève à 1110,06 euros. Une somme en hausse de 5,04% par rapport à l’année dernière. Il est de 1078,77 euros à Caen en hausse de 5,81% par rapport à l’année 2022-2023.
À quelques semaines de la rentrée, le syndicat a classé les 47 plus grandes villes universitaires selon le coût de la vie étudiante. Le Havre s’y classe en 27e position, derrière Orléans et avant Reims. Rouen arrive à la 25e place du classement, derrière Rennes et devant Orléans. Enfin, Caen figure à la 37e place devant Clermont-Ferrand mais après Nîmes.
Comment est établi ce classement?
Pour réaliser ce classement, quatre facteurs ont été pris en compte sur les années universitaires 2022-2023 et 2023-2024:
• Un socle fixe commun à tous les étudiants répartis dans trois zones géographiques (Paris, banlieue parisienne et province), comprenant les frais d’inscription, la CVEC, les frais de restauration, l’électricité, l’assurance habitation, le téléphone, internet, les frais bancaires, les services médicaux, les frais liés aux mutuelles, l’alimentation, les produits d’hygiène et d’entretien, l’habillement, les livres et les loisirs
• Les loyers moyens des logements étudiants privés dans chaque ville universitaire, mesurés chaque année par Locservice.fr
• Le coût annuel des transports en commun pour les étudiants non-boursiers
• Ce classement des villes réalisé par l’Unef ne tient pas compte des différentes aides sociales.
Dans le détail, les loyers représentent toujours le premier poste de dépense des étudiants. L’Unef relève, grâce aux données fournies par LocService.fr, une augmentation en moyenne de 1,89% au niveau national, “soit 0,5 point de plus que l’année dernière”.
À Caen, les étudiants doivent, en moyenne, débourser la somme de 408 euros, en hausse de 2,21% par rapport à l’année dernière. Soit "108 euros de plus à l’année".
À Rouen, les prix des loyers s’élèvent en moyenne à 442 euros, en très légère hausse de 0,68% par rapport à l’année universitaire 2022-2023.
"Rouen avait subi l’année passé une très grosse augmentation du coût de la vie globale. Cette année, cette augmentation décélère en grande partie grâce à une augmentation des loyers qui est la troisième moins forte de France", indique le syndicat.
Enfin au Havre, les étudiants déboursent en moyenne 415 euros pour le logement, en très forte hausse de 6,02% en un an.
"C’est un bon de sept places que fait le Havre dans ce classement avec la plus grosse augmentation du coût de la vie étudiante. Encore cette année, l’augmentation du prix des logements est énorme (+25 euros par mois en moyenne), rapporte le syndicat. Depuis plusieurs années, une pénurie de logement dans la ville entraîne une explosion des loyers ce qui est extrêmement dommageable pour les étudiants dont c’est le premier poste de dépense."
Les transports, un poste important de dépenses
Autre poste important de dépenses des étudiants, les transports en commun. "L’abonnement est souvent plus économique que de posséder une voiture et il est plus pratique de se déplacer en transport en commun qu’en voiture dans les villes", rappelle l’Unef.
À Rouen, Caen et au Havre, les tarifs des abonnements n’ont pas augmenté cette année. À Rouen, un étudiant débourse 247,50 euros par an. Le syndicat dénonce "des prix d’abonnement aux transports en commun trop élevés comparé à des villes comme Toulouse (113 euros l’abonnement annuel)".
Au Havre, un abonnement annuel revient à 240 euros par an. Enfin à Caen, un étudiant débourse chaque année 220 euros pour son abonnement.
"Il faut noter que pour les transports, le tarif boursier est toujours en vigueur, mais n'a pas été généralisé à l'ensemble des étudiants, ce qui serait une mesure primordiale dans un contexte d'augmentation généralisée du coût de la vie", demande l'Unef.
Profitant de ce classement, le syndicat étudiant dénonce une augmentation du coût de la vie étudiant de 25,51% "sous Emmanuel Macron", déplorant une baisse du nombre de boursiers et "le salariat étudiant". Et de conclure: "Il est urgent que le gouvernement prenne les enjeux à la hauteur des besoins et ouvre des discussions sur la mise en place d’une allocation d’autonomie à hauteur du seuil de pauvreté pour tous les étudiants".













