Météo: un automne 2024 pluvieux, peu ensoleillé et plus chaud que les normales de saison
Un piéton marche près de la Garonne, dans le brouillard, à Toulouse le 27 novembre 2024. - Ed JONES / AFP
L'automne s'achèvera sur nos calendriers lors du solstice d'hiver, le 21 décembre. Toutefois, en météorologie, nous sommes déjà passés à l'hiver, l'automne couvrant les mois de septembre, octobre et novembre, "c'est-à-dire la période pendant laquelle la durée du jour raccourcit et l'ensoleillement diminue", explique Météo-France.
L'institut météorologique publie ainsi ce mardi 3 décembre un bilan de l'automne 2024, trois mois "agités", "pluvieux" mais aussi plus chauds que les normales en France métropolitaine.
+0,8°C par rapport à la moyenne
À l'échelle du territoire, les mois de septembre, octobre et novembre affichent une anomalie de +0.8°C par rapport aux normales. Ces moyennes sont aujourd'hui calculées sur la période 1991-2020, contre 1981-2010 avant. Or ces trente années comportent déjà les années les plus chaudes de l'histoire. En comparant avec les moyennes de la période précédemment utilisées, l'écart aurait été encore plus important, en raison de la hausse globale des températures due au dérèglement climatique.
Météo-France précise, par ailleurs, que cet automne 2024 "fait suite aux deux automnes les plus chauds jamais enregistrés": 2023, l'automne le plus chaud jamais enregistré avec +2,5°C d'anomalie, et 2022, le deuxième le plus chaud à égalité avec 2006. "Depuis 2010, aucun automne n'a été plus froid que les normales", écrit l'établissement public.
Le service européen Copernicus a déjà prévenu que l'année 2024 sera la plus chaude jamais enregistrée sur Terre.

Des mois d'octobre et de novembre chauds
Cette anomalie chaude de l'automne 2024 intervient "malgré une séquence fraîche mi-septembre et un bref épisode hivernal fin novembre en lien avec le passage de la tempête Caetano".
Dans le détail, septembre a été proche des normales (-0,3°C), octobre a été nettement au-dessus (+1,5°C) tandis que novembre affiche une anomalie chaude de +1,1 °C. Météo-France observe, en outre, un contraste géographique notable avec des températures proches des normales sur le quart nord-ouest et souvent de +1°C sur le reste de l'Hexagone.
L'organisme explique que "c'est surtout sur les températures minimales que l’excédent s’est fait sentir", c'est-à-dire que les maximales sont restées proches des normales, le mercure est descendu bien moins bas que d'ordinaire. Conséquence: les premières gelées sont arrivées très tardivement sur le pays.
Ciel couvert sur la moitié nord
Cet automne, le ressenti a souvent été morose. Pour cause, les mois de septembre, octobre et novembre ont été particulièrement gris. Selon les données de Météo-France, l'ensoleillement est déficitaire de 15% par rapport à la moyenne de 1991-2020 (-20% en septembre, -15% en octobre, ensoleillement proche de la normale en novembre).
Là encore, les disparités régionales sont importantes. Sur la moitié nord, l'ensoleillement a été très déficitaire, notamment sur les régions du Centre-ouest. "Le déficit a dépassé 40% dans le val de Saône et 50% sur les Pays de la Loire", illustre Météo-France.

À l'inverse, au Sud, "l'ensoleillement a été très excédentaire, en particulier sur le Limousin et le Périgord, avec 40 % de plus que la normale."
+15% de précipitations en plus
Le 28 novembre, Météo-France indiquait que l'année 2024 était déjà historiquement pluvieuse, avec un cumul de pluie enregistré depuis le 1er janvier dépassant déjà la moyenne annuelle. En cause, une succession de gouttes froides au printemps mais également beaucoup de précipitations en septembre et en octobre.
Ainsi, l'automne a enregistré un excédent pluviométrique de 15%. "Les mois de septembre et octobre ont été excessivement arrosés (respectivement +60% et +40%), alors que le mois de novembre a été déficitaire (-45%)", détaille Météo-France.
Le retour de conditions anticycloniques durables (temps sec) début novembre a mis fin à une série remarquable d’intempéries pluvieuses sur l’ensemble du pays depuis octobre 2023", précise l'organisme. En effet, l'automne de l'année dernière était également déjà très arrosé (+30% d’excédent pluviométrique).
Malgré ces précipitations, l'enneigement est resté inexistant jusqu'à la mi-novembre en raison des températures élevées. "À la fin novembre, il est excédentaire à haute altitude dans les Alpes, pour la saison, mais reste déficitaire à basse altitude. Il est très déficitaire sur l’ensemble des Pyrénées", selon Météo-France.
Vers une hausse de 20% de pluie en hiver en 2050
En Île-de-France et Centre-Val de Loire, le nombre de journées très arrosées cet automne a été deux fois plus élevé que la moyenne. À l'inverse, la Corse a elle enregistré un déficit de pluviométrie d'environ 10%.
Bonne nouvelle, il a également plu en octobre dans les Pyrénées-Orientales, département touché par une sécheresse inédite et historique depuis deux ans. Le fleuve Agly, à sec, a à cette occasion retrouvé l'eau. Toutefois, cela ne suffit pas pour endiguer la sécheresse et remplir les nappes phréatiques.

La situation météorologique de l'automne 2024 correspond aux évolutions liées au dérèglement climatique en France. Comme l'expliquait à BFMTV.com Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France, ce dernier induit une "accentuation du contraste entre les saisons". Concrètement, cela se traduit par un renforcement des extrêmes secs et des extrêmes humides.
À l'automne et à l'hiver, on observe une intensification des précipitations, concentrées à l'échelle de l'année sur une plus courte période. En octobre, Météo-France avait dressé un scénario de ce que nous réserve le dérèglement climatique en 2050. Selon cette trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC), il faut s'attendre à 10% de moins de pluie en été mais une augmentation de 20% en hiver.
Cette situation renforce le risque d'inondations, à l'instar de l'intense phénomène qui a touché l'Ardèche entre le 15 et le 18 octobre ou encore l'épisode de pluie qui a frappé le sud de la France, notamment le Var et les Alpes-Maritimes, entre le 24 et le 27 octobre.











