BFM Marseille

"On devrait pas subir ça": un détenu de Luynes écœuré par l'incendie de sa voiture lors des attaques contre les prisons

BFM Marseille Fabio Marletta avec Florent Bascoul
placeholder video
Téléchargez la nouvelle application BFM
Des voitures ont été incendiées dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 avril sur un parking à proximité de la prison d'Aix-Luynes. Un détenu en semi-liberté qui a perdu sa voiture témoigne. Dans le 13e arrondissement de Marseille, des riverains ayant subi des actes de vandalisme similaire partagent leurs inquiétudes et leur exaspération.

Les restes calcinés des deux voitures brûlées sur le parking de la prison d'Aix-Luynes étaient encore visibles ce mardi 15 avril. Dans la nuit, plusieurs établissements pénitentiaires, dont celle des Bouches-du-Rhône, ont été visées par des attaques coordonnées. David, un détenu en semi-liberté a perdu son véhicule dans l'incendie volontaire, "avec tout dedans, mon permis, mes sous, ma carte professionnelle", énumère-t-il au micro de BFMTV.

Écœuré, il dénonce les auteurs de ces méfaits: "On ne devrait pas subir ça, que ce soient les surveillants ou les détenus, on est quand même des être humains, on se lève le matin, on travaille dur pour se payer une voiture".

Un surveillant pénitentiaire de cet établissement demande des mesures de protection urgentes à son administration. "Il faut sécuriser les entrées et sorties du personnel. Il nous faut à Aix-en-Provence un poste de garde qui soit affecté pour filtrer les véhicules qui entrent et les personnes", nous explique-t-il en craignant une escalade de violence.

"Jusqu'où ça va aller?"

"Pour l'instant, on est que sur des dommages matériels, mais bientôt on va aller sur l'humain. Ils n'ont plus de limites, on se demande jusqu'où ça va aller", ajoute-t-il.

Le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête, en attendant, les véhicules des agents de la prison de Luynes pourront être garés dans l'enceinte de l'établissement et des équipages de police vont renforcer les rondes.

À Marseille (13e arrondissement), où deux véhicules ont été incendiés et où une dizaine de voitures ont aussi été taguées avec l'inscription "DDPF" sur le parking d'une résidence qui abrite des fonctionnaires du ministère de la Justice, les habitants sont choqués.

"J'étais à ma fenêtre quand j'ai vu une voiture brûler donc je suis descendu à la fenêtre, j'ai appelé mes voisins parce que je savais quelle voiture c'était. On est descendus ensemble et on a essayé d'éteindre le feu comme on pouvait", relate Medhi.

Un autre voisin partage ses inquiétudes à notre micro. "Je me dis qu'il y a des gens qui sont au courant que des agents de la pénitentiaire habitent là, donc ça veut dire que des mecs ont fait des enquêtes donc c'est pas rassurant. Et puis, ils ont visé des voitures sans doute au hasard, je me gare parfois là-bas ça aurait pu faire des dégâts".