"On a vu des scènes que l'on ne devait pas voir": à Gardanne, la présence de prostituées près d'un lycée inquiète

Le long de la route départementale 7, entre Luynes et Gardanne, une dizaine de travailleuses du sexe se relaient jour et nuit tout au long de l'année. Les riverains sont excédés, tout comme les élèves du lycée agricole de Valabre, qui se situe à deux pas du lieu de travail des prostituées.
Aux nuisances sonores s'ajoutent des problèmes d'hygiène, des seringues, des serviettes hygiéniques et des préservatifs usagés, sont laissés à l'abandon dans la nature. Les étudiants, notamment les lycéennes, ne se sentent plus en sécurité.
"On nous a fait travailler dehors, sur des parcelles de terrain du lycée, et on a pu voir des scènes que l'on ne devait pas voir, raconte une élève. Une prostituée qui s'occupait d'un de ses clients. Ça reste quelque chose de perturbant."
Une autre rapporte avoir été témoin de l'agression d'une prostituée sur les places de parking devant l'établissement scolaire. "Elle s'est fait littéralement exploser le crâne sur un pare-choc. C'est vraiment pas très rassurant."
Certaines lycéennes se sont parfois fait accoster par erreur à la sortie des cours par des clients qui les suivent et leur demandent leurs tarifs.
Prendre les clients sur le fait, seule solution?
Ces travailleuses du sexe ont été source de débat entre les élus municipaux de Gardanne lors du dernier conseil municipal ce mardi.
Selon le maire, il est impossible d'empêcher ces femmes de travailler puisqu'elles se trouvent sur la voie publique. La seule solution d'après Hervé Granier est de prendre les clients sur le fait.
"Le maire propose d'installer des caméras", rapporte Samia Gamèche, conseillère municipale d'opposition de la ville. Néanmoins, l'action de la municipalité doit, selon elle, aller plus loin.
"La répression pour nous ne doit pas être le seul outil, surtout vis-à-vis des prostituées. Ce sont des victimes, elles ne sont pas coupables, insiste-t-elle. Des solutions existent pour les accompagner."
Hervé Granier doit prochainement échanger avec le préfet d'Aix-en-Provence sur la situation.













