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Montres, sacs, voitures de luxe: des biens saisis par la justice vendus aux enchères à Marseille

BFM Marseille Laurène Rocheteau, Cindy Chevaux et Gauthier Hartmann
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Plus de 200 biens saisis entre autres lors de perquisitions ont été mis en vente au palais du Pharo. Une montre Rolex en or blanc a notamment été vendue à 54.000 euros.

C'est une vente aux enchères un peu particulière qui a eu lieu ce mercredi à Marseille. L'État a vendu dans l'après-midi, au palais du Pharo, des biens confisqués lors de procédures judiciaires. La vente a été organisée pour le compte de l'Agrasc (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués).

Tous les objets proposés ont été saisis à des malfaiteurs et des délinquants notamment lors de perquisitions dans le cadre d'affaires de vol, d'escroquerie ou même de trafic de drogue, et ce dans toute la région Sud.

"On a des truands qui ont pour objectif d’afficher de manière ostentatoire leur réussite. C’est très bien que l’État, par l’intermédiaire des policiers, des magistrats, les prive de leurs bénéfices illicites et les revende au bénéfice de la collectivité", se félicite Nicolas Bessone, directeur général de l'Agrasc, invité ce mercredi matin sur le plateau de BFM Marseille Provence.

Des montres de luxe, et même un bateau

De la paire d'écouteurs AirPods à la Ferrari Modena en passant par des sacs de marque, plus de 200 biens ont été mis aux enchères. Un bateau, "saisi en Corse dans une affaire de détournement de fonds publics", a même fait partie du catalogue. Prix de départ: 70.000 euros.

Parmi les objets qui ont été mis aux enchères, se trouvait aussi une très grande collection de montres de luxe notamment des montres Rolex et Cartier. La mise à prix d'une Rolex en or blanc a commencé à 30.000 euros. Elle s'est finalement vendue à 54.000 euros. Ce produit a été la plus grosse vente de la journée, hors véhicules.

Un montre Rolex saisie, vendue aux enchères à Marseille.
Un montre Rolex saisie, vendue aux enchères à Marseille. © BFM Marseille

Ces derniers mois, le trafic de montre de luxe s'est largement développé dans la région, un important réseau ayant même été démantelé en juin dernier.

"C'est quand même l’apanage du Sud. On aime bien les montres", explique Nicolas Bessone. "C’est à la fois un vecteur de blanchiment, et c’est un vecteur de réussite, donc pour nous, il est très important d’enlever la montre au criminel et de la recycler, de la revendre."

Plus d'une centaines d'acheteurs potentiels ont assisté à la vente en physique dans la salle mais certains étaient également présents virtuellement. Au total, plus de 1000 personnes ,venant de France ou de l'étranger, étaient inscrites pour cette vente. Le préfet de région Christophe Mirmand et la procureure de la République de Marseille Dominique Laurens ont également fait le déplacement au palais du Pharo.

Les ventes concernaient des biens appartenant à des individus condamnés ou simplement soupçonnés et dont la procédure judiciaire est en cours. Dans le cas où un objet est vendu avant la décision de justice, et que l'accusé est finalement innocenté, l'Etat a l'obligation de lui restituer la valeur du bien qu'il a mis aux enchères.

40 millions de recettes en un an

À Marseille, c'est la première fois qu'une telle vente a été organisée. Des enchères qui s'inscrivent dans le cadre de l'implantation de l'Agrasc dans la région. Depuis l'année dernière, l'agence dispose d'une antenne à Marseille.

"Marseille et l’interrégion marseillaise, nous le savons tous, sont impactées par la criminalité organisée, par le trafic de drogues, et il nous a paru important de nous projeter à Marseille", justifie Nicolas Bessone.

Et l'Agrasc ne confisque pas uniquement des objets. L'agence saisit également des assurances-vie, des contrats ou des biens immobiliers. Des saisies qui ont déjà rapporté 40 millions d'euros "à la collectivité" depuis l'implantation de l'agence dans la région en seulement 18 mois.

L'argent récolté lors des ventes est ensuite réutilisé par l'État, pour financer "un certain nombre de fonds, de la réinsertion, mais également doter les policiers et les gendarmes des instruments dont ils ont besoin pour lutter contre la criminalité", explique Nicolas Bessone.

Des objets réutilisés

Il peut également arriver que les objets saisis soient directement affectés aux services de police et de gendarmerie.

"Vous allez saisir la [voiture] X6 du trafiquant de drogues qui fait des go-fast en venant depuis l’Espagne, vous allez l’affecter à une brigade de recherche et d’intervention de la police judiciaire, ça veut dire qu’à zéro euro pour la collectivité, ils vont avoir les moyens équivalents de lutte contre les criminels."

Au niveau national, le nombre de bien saisis chaque année en lien avec des activités criminelle "se compte en milliers".