Marseille: un syndicat réclame la création de nouvelles licences de taxi

En cette fin du mois d'août, les visiteurs sont encore nombreux à se rendre à la gare Saint-Charles de Marseille. Si une fois descendus du train certains d'entre eux souhaitent prendre un taxi, cela n'est pas toujours facile d'en trouver un disponible.
"J'ai été un peu étonné parce que généralement en sortie de gare, on trouve facilement des taxis. Là c'est un peu plus compliqué qu'habituellement", observe Clémentine, une voyageuse arrivant de Paris.
"Les taxis n'arrivent plus à faire face"
Récemment, un syndicat de conducteurs de taxis a lancé une campagne d'affichage dans la cité phocéenne avec un message clair placardé sur les murs: "Marseille a besoin de plus de taxis".
"Le port de croisière, les arrivées, la gare: les taxis n'arrivent plus à faire face à la demande accrue de transports et aujourd'hui je pense que les VTC sont en train de prendre une forte part de notre activité", déplore au micro de BFM Marseille Provence, Saïd Djefaflia, président du syndicat Locataires Union Taxi Marseille (LUTM).

"Depuis 1995, 265 licences de taxi ont été supprimées à Marseille passant de 1360 à 1115", indique l'une des affiches installées par le syndicat. Ce dernier réclame aujourd'hui la création de 265 licences supplémentaires afin de gérer la demande actuelle.
Pas d'évolution depuis de nombreuses années
Marseille compte 1115 autorisations de stationnement (ADS), c'est-à-dire des licences de taxi, soit une pour 780 habitants. La mairie de Marseille confirme que son nombre n'a pas évolué depuis des dizaines d'années. Contacté, Sami Benfers, conseiller municipal délégué aux voitures publiques et aux taxis, indique que c'est un sujet "qui est sur la table".
"C'est une question qui ne se prend pas à la légère loin de là. Si elle doit se prendre, elle se prend d'une manière réfléchie et en toute intelligence", souligne l'élu.
Pour cause, le souhait du syndicat LUTM d'augmenter le nombre de licences ne fait pas forcément l'unanimité au sein de la profession à Marseille. Chauffeur de taxi à Marseille depuis plus de dix ans, Damien craint que l'arrivée de nouveaux conducteurs n'empiète sur son activité.
"Il faut équilibrer entre les périodes où il y a vraiment du travail et où il y a peu de travail (...) Quand on est en station en hiver, il y a beaucoup d'attente et très peu de demande, donc il y aurait forcément plus de taxis et encore moins de travail pour nous", estime-t-il.
Dans la cité phocéenne, l'achat d'une licence de taxi se négocie autour d'un montant de plus de 200.000 euros.













