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Marseille: un blocus à la cité scolaire Marseilleveyre après la découverte de tags racistes

BFM Marseille Jimmy Comte, avec Juliette Moreau Alvarez
Un blocus de la cité scolaire de Marseilleveyre, dans le 8e arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône), mené le lundi 27 janvier 2025 par les lycéens pour dénoncer des inscriptions racistes et sexistes.

Un blocus de la cité scolaire de Marseilleveyre, dans le 8e arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône), mené le lundi 27 janvier 2025 par les lycéens pour dénoncer des inscriptions racistes et sexistes. - BFM Marseille Provence

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Plusieurs centaines de lycéens ont bloqué leur cité scolaire à Marseilleveyre pour dénoncer les tags racistes et sexistes retrouvés dans l'établissement, mais aussi la réaction jugée "trop passive" de la direction.

"Lycées antifascistes" ou encore "zone anti racistes": de nombreuses pancartes ont été brandies par des élèves devant la cité scolaire de Marseilleveyre ce lundi 27 janvier, en réponse aux inscriptions racistes retrouvées dans trois salles de l'établissement une semaine plus tôt.

"C'est une réponse à des événements qui n'ont pas lieu d'être", estime Amar au micro de BFM Marseille Provence. "Écrire des choses comme ça, obscènes, ça n'a pas lieu d'être", répète-t-il.

Plusieurs centaines de lycéens du 8e arrondissement de Marseille ont mené un blocus, avec des poubelles, des vélos et du mobilier urbain, afin de dénoncer ces tags, mais aussi demander une réponse de la part de la direction.

"Nous jugeons que leur réaction a été trop passive", nous explique un élève. "Il y a une volonté, peut-être louable dans certains cas, de la direction de ne pas faire parler, de camoufler l'affaire et de la régler en interne."

Le syndicat Mouvement national lycéen ajoute sur X avoir bloqué le lycée pour dénoncer "la réaction de l'administration, qui qualifie ces actes simplement de 'bêtises'. C'est une honte".

Avec ce blocage, les lycéens demandent également la "création d'une cellule d'écoute et plus de transparence" vis-à-vis de l'enquête administrative interne.

"Le message complet, c'est que nous ne sommes pas en accord avec ce qui se dit, ce qui se passe en ce moment", résume Léonie, 15 ans. "En 2025, il ne devrait pas y avoir des propos racistes, sexistes et fascistes."

Plusieurs mesures mises en place par le rectorat

Contacté par BFM Marseille Provence, le rectorat de l'académie d'Aix-Marseille a confirmé "condamner avec la plus grande fermeté" les inscriptions injurieuses "qui portent atteinte à la vie scolaire et aux valeurs de la République."

Elle assure également, qu'en plus de l'enquête de police ouverte avec l'aide du proviseur pour identifier les auteurs, une enquête interne a bel et bien été lancée au sein de la cité scolaire.

Après le blocage des lycéens, plusieurs mesures vont être mises en place. Une cellule d'écoute sera ouverte dès mercredi 29 janvier. Le proviseur s'engage aussi à rencontrer "par vagues" les 2.400 élèves de l'établissement dès mardi 28 janvier, afin d'échanger avec eux sur cet événement.

Enfin, "un programme d'approfondissement pour échanger sur les valeurs républicaines de l'école" va être mis en place, avec l'aide d'associations qui interviendront au sein de la cité scolaire.

Muselier demande la levée du blocage

Les lycéens ont annoncé vouloir poursuivre leur mouvement jusqu'à la fin de journée. Si leur mouvement est soutenu par certains automobilistes qui n'hésitent pas à les saluer en klaxonnant lors de leur passage, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, lui, demande une levée du blocus "au plus tôt".

Renaud Muselier explique sur X vouloir la reprise normale des cours et de la vie du lycée. Toutefois, il ne minimise pas les inscriptions retrouvées dans la cité scolaire le 20 janvier dernier. Il assure que "la région s’associe immédiatement à la plainte déposée par le proviseur".

"Le racisme, l’antisémitisme, la haine, ne sont jamais acceptables et jamais tolérables. On va se donner les moyens de faire condamner les coupables!", écrit celui qui se présentera dans les 6e et 8e arrondissements lors des prochaines élections municipales.

Un soutien de la gauche locale

Les Jeunes écologistes du nord de Marseille ont pris la parole dans un communiqué ce lundi pour dénoncer "les actes de haine" et exprimer "leur soutien aux élèves et aux professeurs".

Une solidarité aussi présente chez les Jeunes socialistes des Bouches-du-Rhône qui condamnent "ces actes racistes et violents" et appellent quant à eux "à la mobilisation pour lutter contre ces idéologies".

Des messages tels que "À mort les Arabes", "À mort les gauchiasses" ou encore "Bardella 2027" ont été retrouvés dans l'établissement scolaire, inscrits par le ou les intrus qui ont également cassé du matériel au sein des salles de cours.