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Marseille: le puissant syndicat des territoriaux FO victime d'une scission

BFM Marseille Manon Mugica avec Florent Bascoul
La tour La Marseillaise (à droite) jouxte la tour CMA CGM (à gauche)

La tour La Marseillaise (à droite) jouxte la tour CMA CGM (à gauche) - GERARD JULIEN / AFP

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À Marseille, des agents de la métropole ont acté ce mercredi 25 septembre la création de leur syndicat FO. Or, le puissant syndicat Force Ouvrière des fonctionnaires territoriaux conteste la légitimité de cette scission.

Ce mercredi 25 septembre, une assemblée générale s'est déroulée en présence de 250 personnes au pied de la tour La Marseillaise, siège d'Aix Marseille Provence Métropole.

Au cours de ce rassemblement, les participants ont acté le principe de la séparation du syndicat FO des territoriaux de Marseille. À eux, le syndicat des agents de la Métropole. Aux autres, le syndicat des agents de la ville.

Un souhait depuis quelques années

"Ça fait deux ans que l'on souhaite ça, on l'a demandé au moment des élections professionnelles, et deux ans que ça traîne", explique Carine Pinet, propulsée secrétaire générale de ce nouveau syndicat, nommé FO des personnels territoriaux de la Métropole.

Les différences de traitement et d'avantages entre les agents des différentes collectivités ont nourri des griefs. La dirigeante cite notamment l'exemple des tickets-restaurants ou celui de l'indemnité forfaitaire de service effectif (IFSE), qui ne sont pas les mêmes.

"À la création de la communauté urbaine, on avait pour objectif de mutualiser le syndicat. Mais aujourd'hui, la Métropole regroupe 92 communes qui ont chacune des attentes particulières. Donc ça n'a aucun sens de rester mutualisés", poursuit-elle.

Des résultats électoraux en baisse

Ces motifs s'ajoutent à une contestation de Patrick Rué, l'indéboulonnable chef des territoriaux FO. Retraité, il ne siège plus dans les instances représentatives du personnel mais a conservé son leadership.

"On en a marre. On lui demande depuis longtemps de scinder les deux mais lui ne veut pas. Il ne prend pas en compte les désidératas et les mécontentements des anciens délégués. On perd des acquis!", s'agace Louis Schlosser, adjoint de Carine Pinet.

Cette dernière se montre elle aussi très critique. "Le fonctionnement normal c'est: la base qui demande, les dirigeants qui appliquent. Ils ne veulent pas? On prend la tangente", avance-t-elle

Les syndicalistes constatent aussi les résultats en déclin du syndicat. "Depuis 3 mandats, on se casse la gueule", juge Carine Pinet, qui constate que le syndicat est "passé de 60 à 30%".

Ainsi en 2022, FO fait quasiment jeu égal avec le syndicat FSU à la Métropole.

Patrick Rué décrédibilise les frondeurs

Contacté, Patrick Rué dénonce l'illégitimité de la démarche. "C'est quelque chose d'anecdotique, fait dans l'amateurisme et en dehors des règles statutaires de notre syndicat", commente-t-il. "S'ils veulent créer un nouveau syndicat, ça les regarde. Mais le sigle FO appartient à FO".

Au-delà de la forme de cette scission, le dirigeant historique écarte tout tabou. "L'idée de scission peut se débattre, on n'est pas fondamentalement opposés. En tout cas, ça n'a jamais été évoqué en commission exécutive." Et de conclure: "Le syndicat Métropole n'est pas suffisamment costaud pour naviguer tout seul."

Désormais, ce sont les instances fédérales de Force Ouvrière qui décideront ou non de valider la création de ce nouveau syndicat autonome. Une commission exécutive doit se réunir mardi 1er octobre dans l'après-midi.