Le frelon oriental détecté pour la première fois en France à Marseille

Jamais le monde scientifique n'avait constaté la présence formelle du frelon oriental sur le sol métropolitain français. C'est à Marseille, sur une friche industrielle au niveau du ruisseau des Aygalades, que cette découverte étonnante a été effectuée fin septembre.
L'insecte a été observé par les entomologistes Gérard Filippi, Alain Coache et Bruno Gereys, du cabinet d'expertises naturalistes Ecotonia, à Aix-en-Provence. Une découverte faite un peu par hasard: à l'occasion d'une étude menée sur l'écosystème marseillais, les scientifiques ont distingué parmi les essaims de frelons asiatiques et européens, une couleur atypique arborée par certains frelons. Les trois scientifiques ont publié les résultats de leur enquête dans la revue spécialisée Faunitaxys début octobre.
"C'est un gros frelon. Sur les espèces qu'on a capturées, on s'est aperçu qu'on avait une taille jusqu'à 30-32 mm. Nous ce qu'on estime, c'est qu'il doit y avoir une soixantaine d'invidus, peut-être 100 en tout", explique à BFM Marseille Provence, Gérad Filippi.
Outre sa taille, le frelon oriental a aussi une "coloration caractéristique qui ne le fait ressembler à aucune des 21 autres espèces de frelons connues dans le monde", indiquent les scientifiques dans la revue Faunitaxys. "Il a des pattes qui sont rouille-marron, contrairement au frelon asiatique qui est a les pattes jaunes", ajoute Gérad Filippi.
"Prédateur redoutable" pour les abeilles
Surtout, le frelon oriental se fait plus agressif que ses congénères, déjà connus pour leur caractère menaçant. Pour l'homme, le frelon oriental n'est pas plus dangereux qu'un autre frelon, les risques sont les mêmes.
En revanche, comme le frelon asiatique, il représente une sérieuse menace pour les abeilles. "Il est dangereux pour les abeilles. C'est une espèce qui va s'attaquer aux ruches, c'est un prédateur qui est redoutable", note Gérard Filippi.
Peuvent-ils également s'être implantés ailleurs à Marseille? La question reste ouverte pour les experts. L'étude souligne que "dans la mesure où cette espèce est adaptée aux écosystèmes méditerranéens (...) l’hypothèse de son installation dans la cité phocéenne doit être considérée".
"Il est donc souhaitable, de vérifier si elle est présente dans d’autres quartiers de Marseille, ainsi que dans les villes et communes avoisinantes", appellent les scientifiques
La prochaine étape pour eux va désormais être d'identifier le positionnement du nid. "C'est de là que l'année prochaine les femelles repartiront après hibernation fonder de nouvelles colonies. Si nous avons la chance d'être sur le premier nid, nous avons peut-être une chance d'éradiquer le phénomène assez rapidement", espère Gérard Filippi.
Un parcours méditerrannén
Comment est-il arrivé à Marseille? "On suppose que peut-être cette espèce est arrivée par les bateaux, indique l'entomologiste à BFM Marseille. C'est une hypothèse, puisque le ruisseau des Aygalades est un corridor qui permet aux espèces de se déplacer". Un ruisseau qui se jette droit dans le port de Marseille.
Le frelon oriental est originaire des pourtours méditerranéens: son aire naturelle s'enracine dans les Balkans, mais il est un habitué des côtes du sud de l'Italie jusqu'à la Turquie. Des essaims ont fait leur apparition en Espagne dès 2012, et certains hyménoptères de cette espèce ont récemment été aperçu dans le nord de la botte italienne, à Gênes et en Toscane.













