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Marseille: l'opposition dénonce une mise en place trop lente des caméras de vidéosurveillance

BFM Marseille Emma Forton
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Les habitants de Marseille sont nombreux à vouloir l'installation de plus de caméras de vidéosurveillance. L'opposition de droite dénonce une mise en place trop lente de ce dispositif.

Faut-il plus de caméras dans le quartier de Colbert, à Marseille? Les réponses des habitants sont unanimes. "Il y a énormément d'insécurité, c'est un sentiment qui est ressenti par tous les Marseillais. Je pense que c'est une bonne chose la vidéoprotection", affirme Rodolphe, responsable régional de développement, au micro de BFM Marseille Provence.

"Ici, il y a des agressions dans les coins où il n'y a pas de caméras. Avec les caméras, la surveillance peut être efficace", poursuit Félicien, auxiliaire de vie, interrogé dans le quartier.

Aussi, "ça permettrait d'enlever plus de dealers de drogues", avance Jean-Pierre, propriétaire d'un magasin de chaussures. Problème: "il y avait une, deux, trois caméras, mais ils les ont enlevées", regrette ce commerçant.

1.600 caméras à Marseille, contre 4.000 à Nice

Pourtant, elles sont indispensables aux enquêtes, selon ce représentant de syndicat de police. "Les caméras ne gênent que les voyous, elles ne gênent pas les gens honnêtes. C'est une certitude absolue. Donc, si les policiers disent qu'ils ont besoin des caméras pour élucider les enquêtes, c'est qu'ils en ont véritablement besoin", détaille Rudy Manna, porte-parole du syndicat Alliance Police Nationale.

La ville de Marseille compte aujourd'hui 1.600 caméras, réparties dans les 16 arrondissements, bien moins que Nice et ses 4.000 appareils. Lors de l'annonce du "Plan Marseille en Grand", c'était d'ailleurs l'une des priorités affichées par Emmanuel Macron avec le déploiement de 500 caméras supplémentaires d'ici 2026.

Pour l'heure, malgré les sollicitations de BFM Marseille Provence, impossible de savoir combien de caméras ont été installées depuis 2021. L'opposition de droite accuse la majorité de faire traîner le dossier.

"La vidéoprotection, c'est l'insécurité et c'est ce qui enquiquine les Marseillais au quotidien. Donc, ce n'est pas une réponse politicienne, c'est une réponse pratique. Cette majorité de gauche n'aime pas la sécurité, ce n'est pas sa priorité, nous, c'est la nôtre", assure Pierre Robin, conseiller municipal de Marseille.

Une mission d'information de deux mois

Mais pour la municipalité, il n'y a rien à cacher. La réalité est plus compliquée: installer une caméra prend du temps.

"Ouvrir les sols, tirer des fourreaux, tirer une ligne de fibre dédiée et sécurisée puisqu'on parle d'images confidentielles, tout ce travail va être remis dans la commission pour que tout le monde puisse se faire une idée précise de ce à quoi ressemble la vidéoprotection à Marseille", justifie Yannick Ohanessian, adjoint au maire de Marseille, chargé de la sécurité.

Cette mission d'information, composée de onze élus, doit durer deux mois.