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"Guerre" contre le narcotrafic, "Marseille en grand"... Emmanuel Macron de retour dans la cité phocéenne ce mardi

BFM Marseille A. La. avec AFP
Emmanuel Macron lors de son discours à Marseille, samedi 16 avril 2022

Emmanuel Macron lors de son discours à Marseille, samedi 16 avril 2022 - Christophe Simon - AFP

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Un peu plus d'un mois après l'assassinat de Mehdi Kessaci, le président de la République est de retour à Marseille pour une visite chargée entre lutte contre le narcotrafic, point sur le plan "Marseille en grand" et régulation des réseaux sociaux.

Guerre aux narcotrafiquants et régulation des réseaux sociaux: Emmanuel Macron est attendu ce mardi 16 décembre à Marseille sur ses deux grands chevaux de bataille du moment, ainsi que sur le vaste chantier de modernisation de la deuxième ville de France lancé en 2021.

Le chef de l'État entame sa visite à 12 heures par un échange avec les lecteurs du quotidien La Provence sur la "démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux", qu'il veut interdire aux jeunes de moins de 15 ou 16 ans. Ce sera le cinquième du genre depuis un mois, après Toulouse, Arras, Mirecourt et Saint-Malo.

Il inaugurera ensuite un commissariat ainsi que l'agrandissement de la prison des Baumettes alors que Marseille est en première ligne dans la lutte contre le narcotrafic et les règlements de compte sanglants qui l'accompagnent.

L'exécutif a promis une bataille sans merci en la matière, semblable à celle menée contre le terrorisme, après l'assassinat retentissant le 13 novembre à Marseille du jeune Mehdi Kessaci, tué sans doute pour faire taire son frère Amine, militant anti-drogue.

Assassinat de Mehdi Kessaci: qui est Amine O, possible suspect et cadre de la DZ Mafia?
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L'assassinat a tétanisé la ville, où les narchomicides s'enchaînent d'ordinaire dans une certaine indifférence, et frappé les esprits dans le reste de l'hexagone, gagné aussi peu à peu par la multiplication des faits criminels liés au narcotrafic.

"C'est une guerre que nous menons", martèle le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "L'État gagnera cette nouvelle bataille", promet Emmanuel Macron.

17 morts en 2025 dans les Bouches-du-Rhône

En retrait des enjeux de politique intérieure depuis la dissolution ratée de 2024, le chef de l'État a pris les devants en revanche sur ce sujet. Il a réuni à deux reprises ministres et acteurs concernés à l'Élysée depuis l'assassinat de Mehdi Kessaci.

Amine Kessaci refuse pour sa part de voir dans la mort de son frère un "point de bascule" dans l'engrenage mortel du narcotrafic.

"Le point de bascule c'est lorsque la police de proximité a déserté les quartiers sur décision de Nicolas Sarkozy, c'est lorsqu'on a décidé de ne plus investir dans le social", a-t-il déploré lundi sur BFMTV.

L'Élysée n'a pas précisé si le président le rencontrerait, de même que la famille d'Abderrahim, 15 ans, dont le corps a été retrouvé calciné fin novembre, qui a émis le souhait de le voir.

Depuis janvier, 17 personnes sont mortes dans des violences liées au trafic de drogue dans les Bouches-du-Rhône, selon un décompte de l'AFP, un chiffre en baisse par rapport à 2024 (24 morts) et surtout 2023 (50 morts).

Outre le travail des autorités, les observateurs relèvent la prédominance de la DZ Mafia sur Marseille, une situation qui suscite de fait moins de violences entre groupes concurrents.

"Aucune ville n'a reçu autant"

Emmanuel Macron fera aussi le point sur le plan "Marseille en grand", qu'il a lancé en grande pompe en 2021 pour aider la cité phocéenne à rattraper ses retards, avec cinq milliards d'engagements de l'État à la clé.

La Cour des comptes a dénoncé en octobre 2024 un suivi "indigent" et un "défaut de cohérence" de cette initiative, destinée à rénover les écoles insalubres, développer les transports en commun, réduire la fracture géographique et sociale entre quartiers nord et sud et renforcer les effectifs de police.

"Nul ne peut nier que les choses bougent et que l'État est au rendez-vous avec constance et sans tergiverser", a répliqué le chef de l'État à la veille de sa visite, dans La Tribune Dimanche.

Les deux-tiers des crédits sont désormais engagés, assure l'Élysée, citant la livraison de 15 écoles, des projets en cours sur 86 autres ou l'arrivée de 350 policiers supplémentaires dans les Bouches-du-Rhône.

Le chef de l'État visitera aussi le chantier d'extension de la gare Saint-Charles, un investissement de 3,6 milliards d'euros avec gare souterraine, espaces végétalisés, jardins et zones piétonnes.

Le maire divers gauche de Marseille Benoît Payan attend pour sa part des "annonces fortes" durant la visite. Le président "ne peut pas venir les mains dans les poches", a-t-il lancé, de quoi irriter fortement en haut-lieu, à trois mois des municipales.

"Désinvolte, grotesque et ingrat", a répliqué auprès de l'AFP un haut-fonctionnaire en lien avec le plan Marseille en grand, en relevant qu'"aucune ville n'a reçu autant".