Bouches-du-Rhône: victime présumée de l'hypnothérapeute accusé de viols, Cécile avait porté plainte en 2002

Dix-sept femmes sont parties civiles dans cette affaire où le mis en cause prétendait être hypnothérapeute et proposait des séances d'hypnose à ses victimes, avant de les droguer, les violer et parfois les filmer. - Damien Meyer - AFP
Cécile a été l'une des premières victimes présumées de Cyril Z. Son cousin, hypnothérapeute dans les Bouches-du-Rhône, a été mis en examen et est accusé de plus d'une décennie de viols, principalement à Aix-en-Provence et Marseille, sur des femmes qu'il droguait à leur insu avec un puissant somnifère.
Cécile a porté plainte contre lui après avoir été droguée et violée, en 2001. Mais sa plainte a été classée sans suite. "Il faut savoir qu'à l'époque j'étais très proche de mon cousin. Nous avons été élevés ensemble. C'était comme un frère", explique-t-elle à La Provence.
Une première plainte d'une collègue de travail
Mais un soir, après avoir bu un verre de lait servi par celui qu'elle considérait comme son frère, elle ne s'est pas sentie bien, puis s'est allongée. "Puis j'ai un flash: quelqu'un sur moi. Je n'arrivais pas à bouger, je n'arrivais pas à crier. J'étais comme paralysée", raconte Cécile.
Mais ce n'est que l'année suivante qu'elle prend conscience des faits. Invitée pour un réveillon chez son cousin, il raconte ne plus avoir de contacts avec une de ses collègues de travail. La raison: elle a déposé plainte contre lui en affirmant qu'il avait mis quelque chose dans son verre.
Cette dernière a raconté à la police qu'en se réveillant, "elle ne savait plus si c'était un rêve ou la réalité". Ces mêmes pensées qu'avait eu Cécile au lendemain de son agression. C'est alors qu'elle décide de porter plainte.
"Ça n'aurait pas dû arriver si on nous avait écoutées"
Lors de ses relances, on lui a une première fois expliqué que sa plainte avait été perdue. La seconde fois, "on m'a répondu que ma plainte pour escroquerie avait été classée. Je n'ai pas déposé plainte pour ce motif, et le numéro ne correspondait pas", souligne Cécile. Par la suite, elle n'a jamais été mise au courant que de nouvelles femmes s'étaient déclarées victimes en 2012.
"Quand j'ai reçu le coup de téléphone des gendarmes, en 2023, qui m'ont appris qu'il était en détention préventive depuis deux ans, je suis tombée de ma chaise", a-t-elle raconté à La Provence.
Si elle affirme que ses traumatismes ont refait surface, elle a également été soulagée. "Il était à sa place, en prison. J'ai également été très en colère en apprenant que 18 autres personnes ont été victimes des mêmes actes. Ça n'aurait pas dû arriver si on nous avait écoutées et prises au sérieux", déplore Cécile.
"Je ne suis pas témoin de ce qui s'est passé, je suis victime"
"Quand j'ai su par ma famille qu'il était devenu hypnothérapeute, j'ai dit à mon médecin: mon dieu, les dégâts qu'il va pouvoir faire. J'étais certaine, au fond de moi, qu'il ne s'était pas arrêté là", se souvient Cécile. Et à juste titre. En garde à vue, son cousin a d'ailleurs avoué que "du fait qu'il n'a pas été inquiété, ça lui a donné la tranquillité d'esprit pour continuer".
Autant de raisons qui poussent les deux premières victimes à envisager une action contre l'État.
Les faits étants prescrits pour la jeune femme, son affaire ne sera pas jugée. "Le pire, c'est d'avoir été entendue en tant que témoin assisté. Moi, je ne suis pas témoin de ce qui s'est passé, je suis victime", rappelle-t-elle.













