Bouches-du-Rhône: menacé de dépôt de bilan, le club d'Istres Provence Volley lance un appel "à l'aide"

2023 devait être une année festive pour Istres Provence Volley. Pour sa cinquantième année d'existence, le club féminin a terminé en tête du championnat Élite -la deuxième division- à l'issue de la période régulière et s'est qualifié pour la phase finale de la Coupe de France fédérale, dont il est tenant du titre. Autant de raisons de se réjouir pour les dirigeants du club provençal.
Mais les joueuses pourront-elles seulement mener ces compétitions à leur terme et entretenir leur rêve de titres? Rien n'est moins sûr. La saison pourrait rapidement tourner au vinaigre, l'existence même du club étant menacée par des complications d'ordre financier.
Et pour cause, la mairie a opéré une coupe nette dans les subventions qu'elle attribuera au club pour cette année 2023. De 420.000€, la somme totale à percevoir par Istres Provence Volley chutera à 230.000€.
19 salariés et 160 licenciés sur le carreau?
"C’est au cours d’une réunion qui s’est tenue le 2 février, que les dirigeants ont pris connaissance de la baisse de la subvention pour 2023, qui aurait dû couvrir la moitié des besoins du club pour la saison, révèle Istres Provence Volley dans un communiqué relayé mardi sur les réseaux sociaux. Il a été indiqué au club qu’il était en danger et que le subventionner à hauteur de ses besoins correspondrait à 'jeter de l’argent par les fenêtres et que la seule solution était de déposer le bilan'."
Le choc s'empare du club à l'écoute de ces mots. Au-delà de l'institution, ce sont 19 salariés et 160 licenciés -équipe professionnelle, seniors et jeunes- qui risquent de se retrouver incessamment sous peu sur le carreau.
Assurant être "conscient de sa situation", le club dit avoir réduit ses dépenses de 50.000€ et avoir mis en place "un plan d’apurement sur trois saisons". Lequel "a été validé au cours de l’Assemblée générale du mois de décembre en présence de la Commissaire aux comptes et des représentants de la mairie". Mais rien n'y fait.
Une assemblée générale vendredi
Pris par l'émotion, Gilbert Louis, le président du club, s'emballe et annonce sine die le dépôt de bilan par voie de communiqué. Rapidement, il rétropédale et lance un appel à l'aide aux amoureux du club, aux institutions et aux entreprises locales.
"Nous sommes un peu perdu, reconnaît l'intéressé dans les colonnes de La Provence. Ce que nous disons est peut-être un peu brouillon, mais nous n'avons pas l'habitude de communiquer sur de tels problèmes."
Deux cagnottes, de même qu'une pétition, sont mises en ligne. Gilbert Louis espère lever le maximum de fonds avant sa rencontre avant le président de la Fédération de volley. S'ensuivra vendredi soir une assemblée générale du club, fixée vendredi.
"C'est la première étape, poursuit-il. On verra après ce qu'on fera. Je me rapprocherai du juge du TGI (tribunal de grande instance, ndlr) pour voir ce qu'il y a à faire. C'est lui qui prendra les décisions après."
"Un beau gâchis"
"J'espère seulement que tout le monde va se mobiliser pour sauver le club (...), que ce soit les parents, mais aussi les institutions. Parce qu'un club féminin, qui a cinquante ans, ça ne se laisse pas tomber comme ça, plaide le patron du club au micro de BFM Marseille Provence. Il faudrait aussi que les partenaires viennent à notre soutien. On les sollicite, mais ça ne va pas assez vite. On a besoin de réponses rapidement."
Dans un premier temps, "on espère avoir des sponsors qui vont prendre un, voire deux matchs, qui vont nous aider, prolonge Gilberto Mastrodicasa, team manager du groupe professionnel. Sur un match, il faut environ 5000€ pour se déplacer".
Et le club d'insister: "Ce serait un beau gâchis pour le club, seul représentant du sport féminin sur le territoire que de disparaître".
La municipalité campe sur sa position
Dans un communiqué cinglant publié mardi soir, la municipalité campe fermement sur sa position. "Depuis plusieurs années, le club de volley ne dispose plus du budget nécessaire pour vivre ses ambitions et maintenir son équipe professionnelle. Il n'est nullement question d'engager de l'argent public pour un projet non-viable à court terme, pire encore pour combler le déficit d'un club."
La mairie d'Istres assure en parallèle avoir pris contact avec la Fédération de volley et les parents en vue d'une poursuite de l'activité au niveau amateur avec les jeunes.
Du côté des joueuses et de leur encadrement, les mines sont pour le moins déconfites à l'entraînement ces temps-ci. Matteo Pentassuglia, entraîneur de l'équipe première, peste contre cette situation: "Avec tous les efforts qu'on a fait pendant la saison, on mérite de continuer notre travail".













