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Bouches-du-Rhône: la députée LREM, Claire Pitollat, accusée de "harcèlement" et frais de mandat injustifiés

BFM Marseille Emilie Roussey
Claire Pitollat est députée LREM.

Claire Pitollat est députée LREM. - ASSEMBLEE NATIONALE / AFP

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Des anciens collaborateurs de la députée candidate à sa réélection ont témoigné de conditions de travail "dégradées".

Ce sont des accusations lourdes qui pèsent sur Claire Pitollat. La députée LREM de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, réinvestie par la majorité présidentielle pour les législatives de juin, est accusée de harcèlement par d'anciens collaborateurs et d'avoir usé de l'avance de ses frais de mandat pour financer des dépenses personnelles, selon Marsactu.

Tirée au sort pour un contrôle de ses comptes en 2018, la députée a vu l'utilisation de l'avance de ses frais de mandat (AFM) examinée par la déontologue de l'Assemblée nationale Agnès Roblot-Troizier. Dans un courrier confidentiel daté du 11 mai 2020, cette dernière a rappelé à l'ordre Claire Pitollat. Et pour cause, la déontologue a relevé des dépenses personnelles réglées avec les 5373 euros mensuels d'AFM, comme des achats de parfumerie, de maquillage ou encore de pharmacie. Ces dépenses qui n'entrent pas dans le cadre des AFM s'élèvent à près de 1500 euros.

9000 euros de frais de taxis

La déontologue a aussi relevé pour l'année 2018, 9000 euros de frais de taxis injustifiés en plus de la location d'une voiture aux frais de l'Assemblée nationale. Des moyens de transports que la députée aurait également utilisés pour se rendre sur son lieu de vacances.

Claire Pitollat s'est justifiée en expliquant que "c'était pour amener ses enfants en vacances", avant de se rendre à l'Assemblée nationale. En réponse, Agnès Roblot-Troizier a appelé la députée à "la nécessaire sobriété", mais n'a pas exigé le remboursement de ces frais.

Selon les propos d'anciens collaborateurs interrogés par Marsactu, la députée aurait continué à dépenser ses AFM de façon injustifiée après le contrôle de la déontologue. Des accusations que Claire Pitollat a constesté auprès du média.

Conditions de travail "dégradées" et "harcèlement"

Mais les anciens collaborateurs de la députée ne s'arrêtent pas là. Sur les 19 personnes ayant travaillé aux côtés de Claire Pitollat, 10 ont témoigné auprès de Marsactu de conditions de travail "dégradées" allant parfois jusqu'à les qualifier de "harcèlement". Trois d'entre eux auraient d'ailleurs été placés en arrêt maladie.

"J’ai été arrêtée pour stress. J’avais l’impression de travailler pour Beyoncé. Parce qu’elle est députée, elle peut être au-dessus des lois? Elle a fait pleurer plus d'une collaboratrice. On était ses machines, ses esclaves" a décrit l'une de ses anciennes collaboratrices.

Claire Pitollat est candidate à sa réélection dans la deuxième circonscription des Bouches-du-Rhône pour le parti Renaissance de la majorité présidentielle.