Aéroport Marseille-Provence: neuf maires demandent un "couvre-feu total" de 23h à 6h

C'est une étape supplémentaire de franchie, dans la fronde contre les vols de nuit. Après les riverains, c'est au tour de certains maires de faire front commun. Dans une lettre envoyée au préfet de région, ils exigent une mesure ferme.
"Nous opposons une volonté politique claire: instaurer un couvre-feu total entre 23h et 6h du matin, seule garantie d'une véritable protection des populations riveraines", écrivent-ils.
Une lettre commune rédigée et signée par les maires des Pennes-Mirabeau, Septèmes-les-Vallons, Le Rove, Berre-l’Étang, Saint-Victoret, Vitrolles, Marignane, Cabriès et enfin Marseille. Cela fait suite à une réunion collective en septembre dernier entre les édiles sur le sujet des nuisances sonores.
"Le sommeil interrompu, les troubles physiologiques et psychologiques liés au bruit, ainsi que la dégradation durable de la qualité de vie de nos administrés, ne peuvent plus être tolerés" précise la lettre.
Selon les projections, 102.000 personnes sont impactées à proximité de l'aéroport Marseille Provence.
Les déviations des trajectoires des vols ne suffisent pas
Un constat partagé par Martine, retraitée et habitante aux Pennes-Mirabeau. Au dessus de sa maison, les vols s'enchaînent toutes les 7 minutes. Un calvaire qui se poursuit après le coucher du soleil.
"L'été ça devient impossible, surtout la nuit. Vous ne pouvez absolument pas rester dans le jardin ou bien dormir avec les fenêtres ouvertes", confie-t-elle.

La problématique des vols nocturnes ne date pas d'hier. Une étude d'impact à propos de l'aéroport Marseille Provence avait été lancée en avril 2024. Les trajectoires des avions ont été déviées des quartiers de Saint Henri et Saint-André à Marseille à leur arrivée à Marignane. Sans pour autant résoudre le fond du problème. "Si on change les trajectoires, cela décale les nuisances d'une ville à une autre. Alors que la mesure du couvre-feu nocturne, elle, est bonne pour tout le monde", plaide Michel Amiel, le maire des Pennes-Mirabeau.
Nice, Paris-Orly, Lille-Lesquin ou encore Nantes ont déjà appliqué d'une manière ou d'une autre un couvre-feu nocturne. "Même si je suis bien conscient des enjeux économiques pour l'aéroport et que je respecte, il me semble que chacun doit faire un effort pour le vivre-ensemble" renchérit Michel Amiel.
Pour rappel, des collectifs se sont déjà mobilisés ces dernières années. L'association "Bien vivre aux Pennes-Mirabeau" avait manifesté à Marignane en juin 2024, après avoir lancé une pétition en ligne. Sollicité, la communication de l'aéroport Marseille Provence n'a pas souhaité réagir à cette lettre commune envoyée au préfet de Région.













