Retraites: le témoignage d'un manifestant qui accuse des CRS de l'avoir blessé lors d'une mobilisation à Lyon

Ce sont du "stress" et de la "peur" qu'Arnaud (le prénom a été modifié) ressent encore aujourd'hui. Ce manifestant accuses des membres des forces de l'ordre de l'avoir blessé alors qu'il défilait à Lyon contre la réforme des retraites le 13 avril dernier.
Ce jour-là, dans l'après-midi, le passage du cortège sur le boulevard des Belges a été perturbé par l'intervention de casseurs qui dégradaient des hôtels à proximité. Arnaud relate une première charge des CRS qui a "fait reculer tout le monde".
Des coups de matraque
Alors que les manifestants reculent, Arnaud décrit une seconde intervention des CRS qui "commencent à charger en courant, matraques en l'air". C'est à ce moment qu'il reçoit les premiers coups, alors qu'il se trouvait "toujours de dos", rapporte-t-il.
"Je me prends un coup sur l'arrière du crâne, un coup de matraque. Du coup, je me retourne. Il y avait un autre coup de matraque qui m'arrivait dans le visage, que j'ai pu éviter en bloquant le coup avec ma pancarte."
Alors qu'il lâche sa pancarte et lève les mains face aux forces de l'ordre, Arnaud affirme s'être repris "un coup de matraque sur la cuisse" puis s'être fait "bousculer par un CRS" avant de tomber à terre.
"Et après, un enchaînement de violences. Je ne sais pas si c'est le même CRS, mais je suis par terre, un CRS à côté de moi me donne des coups de pied en me criant de me relever plusieurs fois. Et au moment où je me relève, je me reprends des coups de matraque sur l'épaule."
Après la charge des CRS, Arnaud trouve son chemin sur le côté du cortège, le visage "ensanglanté", pour recevoir les premiers soins, avec d'autres manifestants blessés. Parmi eux se trouve notamment un journaliste d'Actu Lyon, lui aussi blessé à la tête.
"Je n'ai pas envie de les laisser gagner"
Transporté à l'hôpital de la Croix-Rousse, Arnaud s'en sort avec un traumatisme crânien, cinq points de suture et de nombreuses contusions et hématomes sur les bras et les jambes. Son médecin lui a délivré 6 jours d'ITT.
S'il déclare commencer "à aller un peu mieux" aujourd'hui, Arnaud rencontre toujours des difficultés à effectuer certains mouvements, et ne parvient pas à oublier le "choc de cette charge". Il dénonce la "violence sur des manifestants à terre" des forces de l'ordre, et a déposé plainte en début de semaine.
Il compte également saisir le Défenseur des droits, et a tout de même l'intention de participer à la mobilisation du 1er mai.
"Je n'ai pas envie de les laisser gagner et de laisser la peur s'instaurer", déclare-t-il. Lundi prochain, il ne défilera plus avec une pancarte contre la réforme des retraites. Il souhaite venir avec une pancarte dénonçant les violences policières.













