Lyon: un collectif alerte sur la mise à la rue de 70 mineurs isolés à la fin du mois

Des mineurs isolés (illustration) - BFM Paris Île-de-France
70 mineurs isolés menacés d'être mis à la rue à la fin du mois. Le Collectif Soutiens/Migrants Croix-Rousse indique ce lundi 26 août, dans une lettre adressée au maire et au président de la métropole de Lyon, ainsi qu'à la préfète du Rhône, que la justice a prononcé sa décision sur l'expulsion de ces dizaines de jeunes installés dans un immeuble de la rue Neyret, appartenant à la Fondation La Salle.
Face à l'urgence, le Collectif Soutiens/Migrants Croix-Rousse appelle les autorités locales à agir.
"Nous considérons qu'il est encore temps d'agir différemment et de trouver une solution pensée collectivement en ouvrant la voie à des pratiques respectueuses de la dignité des personnes", écrit le collectif.
Ces mineurs bénéficient de l'aide de cette association depuis mars 2023 et sont actuellement "en recours pour la reconnaissance de leur minorité", précise le collectif.
Un problème de répatition des rôles
Dans sa lettre, le Collectif indique que l'agglomération lyonnaise possède "quelque 15.000 logements vides" et appelle à faire héberger ces mineurs dans ces habitations qui doivent être détruites ou faire l'objet de travaux.
Il cite en outre une enquête de la Coordination Nationale Jeunes Exilé.es en Danger qui fait état d'environ 3.400 mineurs isolés à la rue en France.
Le Collectif dénonce également la prise en charge de ce type de situation reléguée majoritairement aux associations en raison de la répartition des rôles entre l'État et la métropole, jugée comme "un lourd problème".
"Rappelons que la Défenseure des Droits recommande depuis plusieurs années que tout mineur bénéficie d'une présomption de minorité jusqu'à l'intervention d'une décision juridique", ajoute le Collectif dans sa missive.
Il précise que 269 mineurs ont été hébergés au sein du bâtiment de la rue Neyret depuis mars 2023 et qu'une bonne partie a déjà rencontré un juge qui a pu reconnaître leur minorité. Les autres sans dans l'attente d'une audience.
Parmi les 70 mineurs isolés mis à la rue à la fin du mois, 22 sont déjà scolarisés en collège et en lycée, et 14 attendant leur affectation pour la rentrée scolaire.
L'inaction de l'Etat dénoncée par la Métropole
Le Collectif Soutiens/Migrants Croix-Rousse demande alors la mise en place "d'une vraie politique publique" pour lutter contre le sans-abrisme.
Plusieurs associations entendent sensibiliser et alerter sur la présence des enfants à la rue au cours d'une conférence de presse, ce mardi 27 août. Un baromètre présentant des chiffres précis y sera dévoilé.
En parallèle, la découverte d'un bébé de quelques jours à la rue, le 19 août, a de nouveau mis en lumière la crise de l'hébergement d'urgence et du logement à Lyon.
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a décrit une situation "très préoccupante" et a estimé que la ville et la métropole de Lyon ont déjà fait leur part.
"À prendre en charge des publics qui ne relèvent pas de nos responsabilités, on se retrouve dans une situation d'engorgement. Aujourd'hui, les réponses, et je le dis très clairement, elles doivent être apportées par l'État, par les services de l'État, et précisément ici, par la préfecture", a déclaré l'édile, ce lundi 26 août, à BFM Lyon.
Au cours du mois de juillet, la métropole de Lyon avait annoncé la suspension temporaire de la mise à l'abri des personnes à la rue pour dénoncer "l'inaction de l'État".
La Métropole considérait que la préfecture ne mettait pas assez de moyens pour permettre aux personnes mises à l'abri de bénéficier d'un parcours vers des hébergements sociaux.













