Lyon: les familles du squat du quai Arloing pourront rester au moins jusqu'au 13 septembre

Soulagement temporaire pour le collectif Solidarité entre femmes à la rue et les 80 occupants d'un immeuble situé quai Arloing, dans le 9e arrondissement à Lyon. Le tribunal judiciaire a décidé, ce vendredi 23 août, que le squat ne pouvait être démantelé avant le 13 septembre. À cette date, il doit rendre son ordonnance.
"Un premier gain de temps", salue Me Adleine Boudjemaa, avocat représentant les occupants. Néanmoins, la lutte est loin d'être terminée.
"On ne nie pas, on ne conteste pas le squat [...] L'objectif est de gagner du temps pour ces familles pour leur permettre d'être relogées", souligne-t-il, mettant en confrontation "la réalité juridique" à "la réalité sociale".
Un logement occupé depuis la mi-juillet
Le logement, qui était vide, est occupé depuis la mi-juillet dans le quartier de Vaise. Durant l’audience le propriétaire des lieux, le bailleur social Grand Lyon Habitat, a de nouveau exprimé sa volonté de voir partir de l'immeuble les occupants. Le lieu doit se transformer à terme en logements étudiants.
"L'objectif principal, c'est surtout d'empêcher de faire supprimer les délais légaux d'expulsion, de deux mois, puis le délai de trêve hivernale (comme le demande le propriétaire)", soutient Me Adleine Boudjemaa.
Durant l'audience, l'avocat du bailleur social a pointé du doigt la dangerosité du bâtiment parlant d'une fissure ou de planchers qui menacent de s'effondrer. Ce à quoi l'avocat des occupants répond qu'il n'y a "pas de réel danger": "Nous avons un rapport d'une association spécialisée dans le mal logement qui dit l'inverse."
Un rassemblement devant le tribunal
Dans la matinée, un rassemblement, à l'appel du collectif, s'est tenu devant le tribunal judiciaire pour soutenir les occupants. "Un toit, c'est un droit", crient les personnes rassemblées.
Ces familles, qui se disent "délaissés par les pouvoirs publics", soulignent que ce squat est une "occupation" dans l'attente d'un hébergement. "On cherche un toit définitif, ici les conditions sont difficiles", décrivent-ils dans un communique publié le 18 août dernier.
"On n'a pas d'autre solution"
"Aujourd'hui on l'occupe parce qu'on n'a pas d'autre solution, et pour montrer que plein de bâtiments sont vides et inutilisés alors qu'énormément de personnes dorment dehors."
Dans cet immeuble, "des enfants, des nourrissons, une population précarisée et sensible" vivent ensemble, souligne Me Adleine Boudjemaa, qui évoque une "centaine" de personnes au total avec "très peu de couples".













