Lyon: 65% des commerçants de la Presqu'île disent avoir connu une baisse de leurs chiffres d'affaires

"L'idée était de réaliser un état des lieux chiffré." L'association des commerçants "My Presqu'Île" à Lyon a établi auprès de 217 professionnels un baromètre de l'activité commerciale des boutiques du quartier. Résultat: 65% d'entre eux évoquent une baisse de leur chiffre d'affaires, parfois de plus de 20%, entre le 1er semestre 2023 et le 1er semestre 2024.
"C'est très inquiétant", souligne la présidente de l'association Johanna Benedetti sur BFM Lyon. L'étude a été lancée il y a deux semaines et les professionnels, pour la plupart indépendants, ont tout de suite répondu en détail au baromètre.
Inflation et accessibilité en cause
Les commerçants pointent du doigt l'inflation, mais aussi et surtout l'accessibilité de la Presqu'île, de plus en plus compliquée en raison de places de stationnement onéreuses ou inexistantes. Pour les gérants, il s'agit d'un vrai frein pour une partie de la population lyonnaise, qui délaisse donc le centre-ville.
Selon Johanna Benedetti, l'étude montre également que la perte de familles en centre-ville, en raison de la hausse des loyers principalement, a des conséquences néfastes sur les commerces de proximité, même alimentaires. D'autres commerçants notent quant à eux des mouvements sociaux répétés ces derniers mois, ce qui a tendance a freiné la consommation en Presqu'île.
A contrario, les établissements culturels "tirent leur épingle du jeu", grâce à un niveau de tourisme comparable à l'avant pandémie de Covid-19.
"Des témoignages émouvants et difficiles"
Par conséquent, plus de la moitié des commerçants interrogés ne recrute plus. Moins de 10% d'entre eux ont réussi à embaucher sur cette période.
"On a voulu réaliser ce baromètre comparatif parce que cela faisait plusieurs semaines que l'on recevait des témoignages, à la fois émouvants et difficiles, des commerçants et de l'activité en Presqu'île", explique la présidente de l'association. Aujourd'hui, un commerçant sur deux affirme aujourd'hui être dans l'incapacité de se projeter à court ou à moyen terme avec son entreprise.
"Il faut des mesures d'urgence, que l'on puisse mettre en place des solutions pour garantir la mobilité", assure Johanna Benedetti.
Une action au premier jour des soldes
Aujourd'hui, beaucoup espèrent que les soldes d'été permettront de garder la tête au-dessus de l'eau, bien que la météo capricieuse et les élections législatives surprises ont chamboulé le calendrier.
Lors du premier jour de ces soldes, des commerçants de la Presqu'île avaient mené une action symbolique en fermant leurs boutiques pendant 30 minutes pour dénoncer le projet d'aménagement de la Presqu'île qui prévoit la piétonnisation de nombreuses rues. Porté par la métropole et la mairie de Lyon, il consiste à instaurer une zone à trafic limité avec piétonnisation d'une quinzaine de rues d'ici à 2025.
"La piétonnisation, c'est le sens de l'histoire, par contre faire un moratoire sur les travaux pour faire en sorte que l'on impacte le moins possible un commerçant qui est déjà en difficulté, je pense que c'est important", juge de son côté, Johanna Benedetti.
Les opposants au projet refusent la fermeture totale de l’accès aux voitures et véhicules professionnels. Depuis le 17 juin, une nouvelle concertation a été lancée (du 16 juin au 30 septembre) pour définir les règles pour la zone à trafic limité.













