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"Comme un trou noir": le témoignage de Marilou, victime de piqûre en boîte de nuit dans le Rhône

BFM Lyon Florian Bouhot , Journaliste BFM Régions
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La lycéenne s'est effondrée et a dû être conduite à l'hôpital samedi. Nausée, impression de ne plus "sentir son corps" puis perte de connaissance: elle présente des symptômes similaires aux autres victimes recensées en France.

Est-ce le signe d'un phénomène qui s'installe? Voilà plusieurs semaines que les témoignages de victimes de piqûres dans les établissements nocturnes affluent sur les réseaux sociaux.

Pupilles dilatées, impression de ne plus "sentir son corps", d'être drogué puis perte de connaissance: les mêmes symptômes reviennent inlassablement dans la bouche des victimes, accompagnées de traces de rougeurs ou de piqûres.

Marilou en a fait l'amère expérience samedi soir. Âgée de 17 ans, la lycéenne s'était apprêtée pour aller au Drungly, une boîte de nuit basée à Pusignan, dans le Rhône. Le reste, elle n'en a quasi aucun souvenir.

Inanimée pendant 30 minutes

La jeune femme est seule lorsqu'elle s'évanouit au cours de la soirée, narre-t-elle dans une publication postée sur Instagram en début de semaine. Il faut 30 minutes à l'une de ses amies pour la retrouver.

"Je n'étais pas dans mon état habituel. Je ne tenais pratiquement pas debout, j'avais la nausée, je ne me souvenais de rien, comme un trou noir", se remémore-t-elle à peine.

Sur son bras, son amie décèle quatre traces de piqûre: "Ça me grattait, ça me brûlait, j'avais les yeux dilatés, les yeux tout rouges, la nausée. Mais je n'ai pas forcément vomi". Elle l'escorte alors jusqu'aux videurs pour solliciter leur aide. Mais ces derniers "n'ont pas coopéré et (ils) nous ont virées de la boîte pour ne pas avoir d'ennuis".

"Ce n'était pas l'alcool, ce n'était pas normal"

Les souvenirs de Marilou regagnent une forme plus concrète lorsqu'elle est installée dans la voiture. Elle reprend le fil de son histoire au micro de BFM Lyon: "Mon amie a crié: 'Elle ne respire plus'. Elle m'a amenée aux urgences à côté de la boîte. Malheureusement, ils n'ont pas pu me prendre en charge. Ils ont dit de m'envoyer à Édouard-Herriot (l'hôpital, ndlr). Sauf que, malheureusement, mes amis ne pouvaient pas faire tout ça sans l'accord de mes parents. Donc ils m'ont ramenée chez moi".

Le lendemain, la mémoire fait toujours défaut à Marilou. Mais elle en est persuadée: "Ce n'était pas l'alcool, ce n'était pas normal". Avec sa mère, elles se rendent au commissariat et déposent plainte. Une étape nécessaire, souligne la lycéenne dans sa publication, pour obtenir des soins et réaliser des analyses.

Aujourd'hui, l'adolescente est toujours en attente des résultats: "Ça prend un peu de temps comme c'est tout nouveau, cette tendance des piqûres. J'espère juste que tout ça ne va pas jouer sur ma santé. Je suis un peu traumatisée, je ne vais pas forcément le cacher." Marilou s'est vu administrer "par précaution" un traitement contre le VIH, au cas où le virus lui ait été transmis via la seringue.

Une vague de piqûres à l'étranger

Cette mésaventure, son entourage l'a encouragée à la raconter au plus grand nombre dans une optique de sensibilisation. La lycéenne se réjouit d'avoir reçu "énormément de retours" et de remerciements.

"J'avais vraiment envie de partager ce post parce que je suis assez dans l'empathie et je trouvais ça trop grave ce qui arrivait", résume-t-elle.

Et la jeune femme d'enjoindre ses abonnés à "faire attention" à eux, assurant que la police lui a "certifié" que le nombre de victimes grimpait en flèche. Le phénomène se répand dans les boîtes de nuit, dans les salles de concert, mais aussi dans des lieux plus surprenants: Nils Marzolf, étudiant lyonnais, affirmait mercredi sur notre antenne avoir été piqué avec une seringue alors qu'il sortait de la gare de la Part-Dieu.

Le phénomène ne se borne pas non plus à la France. Il se manifeste également hors de nos frontières et notamment au Royaume-Uni.