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Turquie: les juges maintiennent en prison des militants d'Amnesty

BFM C.Br. avec AFP
Manifestation d'Amnesty international à Bruxelles le 15 juin 2017 pour protester contre les arrestations de leur dirigeant en Turquie

Manifestation d'Amnesty international à Bruxelles le 15 juin 2017 pour protester contre les arrestations de leur dirigeant en Turquie - EMMANUEL DUNAND, AFP/Archives

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La directrice d'Amnesty International en Turquie et plusieurs militants sont en prison depuis une dizaine de jours.

Un tribunal turc a décidé mardi de maintenir en prison six militants des droits de l'homme, dont la directrice d'Amnesty International en Turquie, a annoncé l'ONG, dénonçant un "simulacre de justice".

Huit militants turcs des droits de l'homme, dont la directrice d'Amnesty pour la Turquie, ont été arrêtés le 5 juillet, aux côtés de deux formateurs (un Suédois et un Allemand).

Accusés d'être liés à une organisation terroriste

"Six d'entre eux ont été placés en détention et quatre autres relâchés sous contrôle judiciaire", a déclaré à l'AFP Andrew Gardner, chercheur spécialiste de la Turquie à Amnesty.

"Ils sont accusés de commettre un crime au nom d'une organisation terroriste, sans en faire partie", a-t-il ajouté, qualifiant la décision de "choquant simulacre de justice".

L'expression "organisation terroriste" désigne le plus souvent pour les autorités turques les partisans du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'avoir fomenté le putsch manqué de 15 juillet 2016, ou les séparatistes kurdes du PKK.

Les deux formateurs étrangers, qui étaient en Turquie pour animer un atelier numérique, figurent parmi les personnes maintenues en détention.

Les dix militants avaient été présentés lundi à un procureur pour la première fois depuis leur interpellation.

Contexte de purges

Celle-ci est survenue dans un contexte de purges massives depuis la tentative de coup d'Etat. Plus de 50.000 personnes, dont des opposants du président Recep Tayyip Erdogan, des membres d'ONG et des journalistes ont été arrêtés.

La semaine dernière, M. Erdogan avait publiquement accusé les militants arrêtés de mener des activités s'inscrivant "dans la continuité du (putsch du) 15 juillet", sans autre précision.

L'interpellation des militants des droits de l'homme a suscité l'inquiétude des partenaires occidentaux d'Ankara. Le Conseil de l'Europe, dont fait partie la Turquie, a ainsi exigé leur libération "immédiate".