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Syrie: 67 civils exécutés par des rebelles

BFM V.D. avec AFP
Un rebelle syrien lutte contre les forces gouvernementales, en septembre 2013.

Un rebelle syrien lutte contre les forces gouvernementales, en septembre 2013. - -

L'ONG Human Righs Watch dénonce les conditions dans lesquelles des rebelles syriens ont exécuté 67 personnes début août dans des villages de la minorité alaouite, à laquelle appartient Bachar al-Assad.

Au moins 190 civils ont été tués dont 67 exécutés, et 200 pris en otage dans des villages alaouites en Syrie par des groupes jihadistes et rebelles début août, rapporte Human Rights Watch dans un rapport diffusé vendredi.

Dans son rapport de 105 pages, l'ONG indique avoir mené une enquête sur place et interrogé 35 personnes, y compris des survivants de l'attaque menée par des rebelles contre dix villages alaouites le 4 août dans la province de Lattaquié, fief du président Bachar al-Assad.

Des "familles entières" abattues

Ce jour-là, au moins 190 civils ont été tués, dont 57 femmes et 18 enfants, affirme l'ONG. Parmi eux, au moins 67 ont été exécutés alors qu'ils n'étaient pas armés ou tentaient de fuir. Human Rights Watch a rassemblé des éléments montrant qu'il s'agissait de civils non-combattants, n'ayant rien fait qui puisse menacer, ou laisser croire qu'ils menaçaient les assaillants. "Dans certains cas, les combattants ont exécuté ou abattu des familles entières", poursuit-elle.

Au moins 20 groupes auraient participé à l'opération au cours de laquelle ils ont conquis ces dix villages, repris le 18 août par les troupes du régime. Les cinq principaux "organisateurs" et "exécuteurs" de l'attaque seraient des groupes jihadistes comme l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), le Front Al-Nosra -tous deux affiliés à Al-Qaïda- et Jaich al Mouhajirine wal Ansar.

"Crimes contre l'Humanité"

Les alaouites -une branche du chiisme- sont une communauté minoritaire en Syrie à laquelle appartient le clan Assad. La majorité de la population syrienne, tout comme les rebelles qui tentent de renverser le régime depuis plus de deux ans, sont des sunnites. "Ces abus (...) sont une opération planifiée contre la population civile dans ces villages alaouites", a estimé Joe Stork, le directeur par intérim de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient, l'ONG estimant qu'il s'agit de "crimes contre l'Humanité".

Depuis la militarisation de la révolte en Syrie, au départ pacifique avant d'être réprimée dans le sang par le régime, des ONG et organisations de l'ONU ont dénoncé à plusieurs reprises des crimes de guerre et crimes contre l'Humanité commis par les forces gouvernementales, relevant des crimes semblable commis par l'opposition armée, mais à une échelle beaucoup plus limitée.