Le prix Nobel de la Paix 2015 attribué au Quartet du dialogue national tunisien

Les médiateurs du Quartet du dialogue national tunisien, photographiés en septembre 2013. - Fethi Belaïd - AFP
Le comité Nobel a déjoué les pronostics. Le prix Nobel de la Paix 2015 a été attribué ce vendredi aux quatre organisations menant le dialogue national en Tunisie, qui ont oeuvré à la construction d'une démocratie pluraliste dans le pays, après la Révolution de Jasmin. Cette dernière avait mené au départ de l'ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, en janvier 2011.
Rôle "crucial" pour sortir du chaos des Printemps arabes
Composé de l'UGTT, syndicat historique en Tunisie et fer de lance pour son indépendance, du patronat (Utica), de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) et de l'Ordre des avocats, ce quartet a organisé un long et difficile "dialogue national" entre les islamistes et leurs opposants, les obligeant à s'entendre pour sortir d'une paralysie institutionnelle.
Le quartet a été formé à l'été 2013, à un moment où le processus de démocratisation était en danger en Tunisie, en raison d'assassinats politiques et de vastes troubles sociaux. Le quartet a lancé "un processus politique alternatif, pacifique, à un moment où le pays était au bord de la guerre civile", a ainsi rappelé le comité. Il a donc été "crucial" pour permettre à la Tunisie plongée dans le chaos des Printemps arabes "d'établir un système constitutionnel de gouvernement garantissant les droits fondamentaux pour l'ensemble de la population, sans condition de sexe, de convictions politiques (et) de croyances religieuses", explique le comité norvégien.
L'organisation tunisienne succède ainsi à la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai et à l’Indien Kailash Satyarthi, qui avaient tous les deux gagné le prix Nobel de la paix, en 2014.

273 candidats en lice
Bien que les pronostics s'avéraient délicats, étant donné que 273 candidats étaient en lice, plusieurs noms s'étaient hissés parmi les favoris ces derniers jours. La plupart des observateurs estimaient en effet que le comité Nobel norvégien s'attacherait à braquer la lumière sur les efforts pour le désarmement nucléaire, 70 ans après Hiroshima, ou sur la crise migratoire qui s'est propagée ces derniers mois à l'Europe.
Ainsi, les noms d'Angela Merkel, pour sa gestion de la crise migratoire, du pape François, habitué des pronostics, du médecin congolais Denis Mukwege, qui soigne les femmes violées dans l'est de la République démocratique du Congo, du prêtre prêtre érythréen Mussie Zerai, ont circulé, aux côtés de ceux des survivants de Hiroshima et Nagasaki, Setsuko Thurlow et Sumiteru Taniguchi, ou encore du chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, pour l'accord-clé qu'ils sont parvenus à conclure sur le nucléaire iranien.
Le prix Nobel de la paix sera remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l'industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel. Il consiste en une médaille, un diplôme et un chèque de 8 millions de couronnes suédoises (environ 855.000 euros).













