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Japon: un moine bouddhiste porte plainte contre son employeur pour surmenage

BFM Robin Verner
Un temple du Mont Koya.

Un temple du Mont Koya. - 663highland

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Un moine bouddhiste japonais a porté plainte à la fin du mois d'avril contre celui qui gérait le temple auquel il était affecté. Il dit avoir été accablé de travail et parle de salaires non versés.

Dans le roman de Yukio Mishima, inspiré d'un fait historique, le moine Mizoguchi décide de brûler ce qu'il a aimé: en l'occurrence le Pavillon d'or, lieu saint du bouddhisme japonais. Ces dernières semaines, un moine japonais, sans atteindre cette extrémité, a aussi choisi de se révolter.

Mercredi dernier, l'avocat Noritake Shirakura a annoncé, comme le notait ici le Japan Times, que son client, un moine travaillant pour l'un des 117 temples du site sacré du Mont Koya dans le sud du pays avait déposé plainte le 27 avril auprès du tribunal du district de Wakayama contre l'organisation gérant l'institution. Il l'accuse de lui avoir imposé un rythme et un volume de travail très exagérés et de ne pas lui avoir versé tous les salaires auxquels il avait droit. 

Un site inscrit au Patrimoine mondial de l'humanité 

Il réclame d'ailleurs le versement de 8.6 millions de yens, soit prés de 66.000 euros. Le moine, dont l'identité n'a pas été rendue publique, a commencé à exercer ses fonctions en 2004 au Mont Koya, classé depuis 2004 au Patrimoine mondial de l'humanité. Ce quadragénaire dit avoir fait une dépression en décembre 2015, avant de se mettre en congé en mars suivant. 

Entre autres tâches, le plaignant s'occupait des préparatifs avant 5h du matin, pour que les invités, de plus en plus nombreux depuis le classement prestigieux du Mont Koya, puissent participer à la prière matinale. Son travail l'emmenait ensuite loin dans la nuit car il devait se consacrer au service des invités, tout en s'acquittant d'autres tâches. El Espectador, journal colombien cité ici par Slate, a ajouté qu'il arrivait au moine de travailler 17 heures par jour.

Un inspecteur du travail a en tout cas déjà constaté le surmenage du religieux, reconnaissant qu'une fois au moins il avait dû s'échiner pendant un mois complet sans jour de repos. Noritake Shirakura, son défenseur, a aussi expliqué que son client entendait, par son initiative, éclairer la situation de nombre de ses semblables qui peuvent être soumis à une forme de travail forcé selon lui.